DES TAILLIS. . 25
I,’usage , presque généralement suivi en France par les grands propriétaires , de régler la coupe deleurs taillis h vingt ans, s’éloigne donc fort peu ,comme on voit, de ce qu’annonce notre théorie parrapport au maximum composé. 11 me semble que celadevait être. Des calculs par approximation , souventrépétés , ont dû naturellement conduire à des résul-tats peu différais de ceux que nous avons rigoureu-sement démontrés.
Remarques particulières , et réponse à quelquesobjections.
Les années ne sont pas également favorables à lavégétation , et leur vicissitude influe nécessairementsur l’épaisseur des couches ligneuses. Diversaccidens,un été froid et pluvieux , ou sec et brûlant, undéluge d’insectes , etc. peuvent déranger la marcheordinaire de la nature ; mais les gelées du printemssont l’événement le plus à redouter pour les taillis.J’ai observé , en 1790 , à quel point ces gelées étaientcapables de nuire à l’accroissement des arbres.
Un quinconce de tilleuls que je vois tous les jours,est planté, depuis vingt ans, sur une terrasse à l’ex-position du levant et du midi. Parmi ces tilleuls il yen a de précoces ; d’autres , et en particulier deuxd’entre eux , sont très-tardifs. Sur la lin d’Avril 1790,il est survenu une gelée de 3 degrés : les feuilles sesont rembrunies, leur organisation a été dérangée,et leur développement, ainsi que celui des jeunespousses , a été tellement arreté , qu’aucunes de cesfeuilles, même celles qui ne se sont épanouies que
vingt-six premières années n’a été que d’un peu moins de 9 lignes par anet celui des treize années suivantes a ë(é de pies de 20 lignes. On ne peutdouter que ce subit accroissement ne soit dû à la liberté de s’étendre qu’onteu les racines de l’aibre , depuis que la futaie a été abattue*; et ce que ditDuhamel sur l’accroissement accéléré des baliveaux ? confirme celte opi-nion.