2Ô AMÉNAGEMENT
depuis la gelée , n’ont acquis leur volume ordinaire.Elles sont tombées en partie aux mois de Mai et deJuin , une partie a subsisté pendant l’automne ; lesbranches de l’année sont demeurées chétives. Les til-leuls tardifs , au contraire , n’ont point souffert, etont été très-touffus. Heureusement le chêne est moinshâtif que le tilleul.
En mesurant les arbres pour en étudier le maxi-mum. , il convient par conséquent d’avoir égard à cesévénemens particuliers ; sans quoi, d’après le mesu-rage , on pourrait prendre pour une décroissance per-manente, une décroissance qui ne serait qu’acciden-teHe.
Les expériences que j’ai faites sur les qualités indi-viduelles des bois, m’ont mis dans le cas d’examinerles couches de plusieurs arbres coupées perpendicu-lairement à leur axe : j’ai souvent observé une coucheannuelle fort étroite entre deux couches épaisses ;cette différence provient sans doute de quelques-unsdes aceidens dont je viens de parler. Quelquefois en-core j’ai vu des séries de dix à douze couches assezminces, précédées et suivies de couches plus larges.On ne peut guère , ce me semble , attribuer la mai-greur des unes et l’embonpoint des autres , qu’à unvoisin incommode dont l’arbre se sera enfin débar-rassé.
L’expérience , telle que je l’ai proposée , peut êtredéconcertée par un accident imprévu : un des brinsdestinés au mesurage peut avoir été écorcé pour enfaire de la teinture , ou coupé par un malfaiteur ;mais le remède , ce me semble , est à côté du mal:on lui suppléera un autre brin d’un calibre semblable,ou bien on le rayera de tous les calculs précédens ;et le seul inconvénient qui puisse en résulter, serad’avoir une moyenne proportionnelle calculée sur 19(dans l’hypothèse ) , au lieu de l’être sur 20.
Si je n’ai eu aucun égard , dans mes calculs , à lahauteur que les taillis acquièrent par succession