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pour le rétablissement de la clôture revient aussimoins fréquemment.
Lorsque d’aussi puissans motifs s’opposent à l’anti-cipation des coupes , comment le pernicieux et into-lérable usage d’abattre les bois à l’âge de neuf anss’est-il introduit et perpétué en Bresse ? En voici, jecrois, les raisons.
Autrefois cette province était moins peuplée qu’ellene l’est aujourd’hui ; la consommation en bois dechauffage était donc moindre.
Les futaies partielles y étaient certainement plusabondantes, puisque l’on voit encore que la plupartdes habitations anciennes, tant urbaines que rustiques,sont construites en bois de charpente.
La Bresse a été long-tems sans commerce, etpresque inabordable en hiver : le bois de service nes’exportait pas, faute de débouchés ; mais, depuisla confection des routes , il a été façonné en bois car-rés et en merrain , et s’est exporté.
Enfin les défrichemens , encouragés par le hautprix des grains, ont diminué considérablement laquantité.des terrains précédemment occupés par lesbois ; dç sorte que la consommation a augmenté euraison inverse de la reproduction.
Il y a peu de grandes forêts dans cette province.On n’y compte guère que celles qui lui ont été con-servées par les maisons religieuses ; car les bois duRoi ne montent pas à plus de 684 arpens, et sonttrès-détériorés (1).
Quelques privilégiés avaient conservé des bois dansleurs terres, plusieurs particuliers en possèdent en-core ; cependant on ne peut, raisonnablement, don-ner à ces possessions le nom de forêts ; et dans cesderniers tems ces possessions ont été en partie dévas-tées.
(1) Pour ce passage et plusieurs autres-, le lecteur voudra bien serappeller que ce mémoire a e'tc écrit en 1790 , et que l’ouvrage a paru ,pour la première fois ( en 2 vol. 8°. ) en 1792. IVote de Véditeur .