32 ' AMÉNAGEMENT
est monté en peu d’années, comparé avec la hausseproportionnellement plus faible qu'ont éprouvé lesautres denrées, démontre de la manière la plus alar-mante la triste vérité que j’annonce, non pour exciterdes troubles, puisque nous tenons le remède en nosmains, mais pour inviter à l’ordre et provoquer labienfaisance.
La cherté du bois , dira-t-on , depuis près de deuxans , n’a pas sensiblement augmenté (i). Je le veux;mais par quels moyens? Par un ravage affreux quiruine l’espérance future, par une dévastation qui en-traînera après elle de longs repentirs, par un pillagehabituel auquel le gouvernement ne saurait apporterune attention trop prompte , et d’autant plus sévère,que les mêmes plaintes, les mêmes réclamationss’élèvent dans tout le royaume.
Tous les expédions qui diminueront la consomma-tion en la rendant plus économique, tous ceux quifavoriseront la reproduction par des semis, des plan-tations nouvelles , par la conservation et la culturemieux combinées des anciennes plantations, ne sau-raient être négligés.Quelques faibles que l’on suppose,ou que soient, si l’on veut, chacun de ces moyens enparticulier , leur réunion leur imprimera de la force.J’en ai déjà développé plusieurs dans un mémoire surles qualités individuelles des bois; mais le moyendont je n’avais point encore parlé, mais le plus puis-sant de tous pour mettre la reproduction des bois enéquilibre avec nos besoins , consiste dans la conser-vation rigide et le meilleur aménagement des forêtsdevenues aujourd’hui à la disposition nationale.
Les devoirs d’une grande administration , les vues
(i) Ce mémoire a été compose’ au commencement de 1790. Depuis cetteépoque , le prix du bois de service a doublé , celui du bois de clniuflageest augmenté d’un tiers , et le pillage continue. ( Note de Vauteur').
On a cru devoir ne rien retrancher ni changer dans ces reproches hardiset trop vrais de pillage et de dévastation , qui ont sans doute beaucoupcontribué à la perle de l’auteur , l’une des plus célébrés et des plus regret-tables victimes de l’anaichic, ( Noie de i’édileur. )
générales