DES TAILLIS. 33
générales et profondes qui déterminent ses décisions,ne sont point circonscrites dans les limites étroites oùpeut légitimement, où doit même se renfermer unsimple citoyen , sage, économe. Et telle économiequi, à l’égard d’un père de famille , serait digne delouange, pourrait devenir très - blâmable dans unadministrateur qui ne saurait pas la sacrifier à ungrand intérêt publio, à un intérêt qui, se perpétuantd’âge en âge, préviendrait des malheurs de longuedurée, ou préparerait du moins une longue, maiseolide prospérité.
Relativement aux bois, relativement à cet objetde première importance , s’il n'est pas de premièrenécessité , quel est l’état où nous sommes malheureu-sement tombés, et quel est Je point où il nous fautremonter! Je ne me lasserai point de le répéter, laconsommation des bois excède la reproduction , et ils’agit de les mettre en équilibre. Le peut-on ? Oui,sans doute , si l’on ne coupe point les bois nationauxavant qu’ils aient acquis le plus haut point d’accrois-sement physique, le maximum simple.
Pour le prouver , je ne reprendrai point les calculsque j’ai déjà présentés, qui annoncent que la quan-tité de bois que donne un taillis de trente ans excèdedu double la quantité qu’eut donné ce même taillis àl’âge de vingt ans; je ne proposerai point aux éco-nomes que les administrateurs commettront à la ré-gie des bois nationaux , je proposerai encore moinsaux administrateurs eux-mêmes, d’aller , le compascourbe à la main , chercher la moyenne proportion-nelle d’une portion de forêts , pour déterminer aujuste l’époque où il est avantageux de la vendre :non que cette opération soit ni longue ni pénible, nide nature à lasser la patience française ; mais c’estune nouveauté , elle exige des soins , de l’exactitude,de l’attention, et il peut être permis de supposer auxsous-ordres qui seraient nécessairement chargés del’exécution ? à peu près autant de préjugés que dex 3