DES FUTAIES. 49
le propriétaire qui veut élever une futaie sur taillis,et que , s’il s’y détermine , c’est un sacrifice gratuitqu’il fait à sa postérité. Il me paraît important dedétruire ce préjugé ; et pour en démontrer la fausseté,
Soit un arpent de taillis de 1 âge de vingt ans, entrès-bon fonds, portant, d’après les données de Du-hamel , à la distance moyenne de 7 pieds 4 pouces,neuf cents brins de 20 pieds d’élévation, dont la crois-sance ait été de 3 ligues de diamètre annuellement,et dont la valeur soit égale à 120 liv. Par l’hypothèseces brins, à 3 pieds de terre, auront 5 pouces dediamètre.
Au lieu d’en faire la coupe blanche à la vingt -unième année, il n’en sera fait l’éclaircie que d’en-viron moitié, dont la vente, à.la vérité, s’élèveraau plus à 60 liv. C’est le seul des sacrifices à faire ;mais le propriétaire ne tardera pas à en être dédom-magé , comme on le verra.
A la seconde révolution , c’est-à-dire, à l’âge dequarante ans, cet arpent sera composé de quatre centscinquante brins de 40 pieds de hauteur, portant 10pouces de diamètre à 3 pieds de terre. On en cou-pera seulement deux cents brins, dont la valeur serade 192 liv.; car, les cercles étant entre eux commeles carrés de leur diamètre , la somme des carrés dudiamètre de 900 brins de 5 pouces est à la sommedes çarrés du diamètre de 200 brins de 10 poucescomme i2àoo sont à 2ooooliv.Mais i2àoosont à 120I.comme 20000 sont à 192 liv.; donc, à la seconderévolution, il y aura 72 liv. de bénéfice sur le pro-duit de la coupe ordinaire. Et l’on voudra bien ob-server que nous n’avons pas ajouté à l’excédent de ceproduit la hauteur acquise par les deux cents brinsdepuis l’âge de vingt ans jusqu’à quarante.
A soixante ans , l’arpent contiendra deux cents cin-quante brins; il en sera coupé cent dix. Ils porterontiS pouces de diamètre à trois pieds de terre , et 9 à10 pouces de diamètre à la hauteur de 20 pieds. Ces1 4