DES FUTAIES. 5 1
et que Duhamel et moi (i) avons reconnu un gros-sissement encore plus fort lorsque les arbres étaientespacés largement ( 2 ).
A cent ans, on aura une futaie contenant soixante-dix pieds d’arbres par arpent. Ils seront espacés,moyennement, à la distance de vingt-six pieds unquart, et c’est tout ce qu’un arpent peut en contenir,si l’on veut qu’ils acquièrent une belle grosseur .{Voyezla note de la première partie de ce mémoire, pag. i3.)
(i)J’ai fait éclaircir cet hiver un taillis , essence de chêne , de l’âge detreize ans , situe à trois lieues de la ville de Bourg , et sur un bon fonds.Il contient cent quatre-vingt coupées , ou environ vingt-trois arpans. On acoupe à. peu près moitié des brins* Cette éclaircie , faite avec soin sous ladirection de mon jardinier , m’a coûté un peu moins de 600 liv. , et m’arendu un peu plus de 2400 liv. Le produit net de la seule éclaircie a doncété de 1800 liv. , ou à raison de 6 liv. de production annuelle par arpent.Or , la coupe entière de l’arpent de Duhamel n’est évaluée que 6 livresannuellement , puisque 120 , divisé par 20 , égale 6. J’ai laissé sub-sister , comme on peut croire , les plus gros brins et les plus élevés ;mais , parmi ceux qui étaient abattus , j’en ai mesure qui portaientvingt à vingt-deux pieds d’élévation.
Le I er . Mai 1791 , mon jardinier a numéroté dans ce bois , et me-suré avec un compas courbe , à la hauteur de trois pieds ? seize chênes ,cinq trembles , quatre aunes , trois bouleaux , un orme et un merisier ?en tout trente brins.
Des seize chênes , six ont e'té choisis parmi les plus gros , leur diamètreexcédait soixante lignes ; cinq parmi les moyens , leur diamètre était decinquante à cinquante-cinq lignes ; et cinq parmi les petits , dont le dia-mètre était de plus de quarante lignes. Les autres arbres ont été choisisparmi les moyens de leur espèce.
Le grossissement moyen des seize chênes a été de douze lignes sixseizièmes par an.
Celui des aunes , d’environ dix lignes. Les trembles avaient grossiannuellement de douze lignes ; les bouleaux > de quatorze lignes sixtreizièmes ; l’orme > de dix ligues deux tiers ; et le mevisûr , de dixlignes un treizième.
Il est à remarquer qu’à chacune des éclaircies suivantes , on laisserasubsister de préférence les plus gros brins ? et qu’ainsi les arbres d’untempérament faible , et même les arbres moyens , disparaissant insensi-blement , le bois ne sera plus composé que d’arbres vigoureux et naturel-lement disposés à une croissance accélérée. Je ne lais aucun doute queleur grossissement moyen n’augmente par la suite, les éclaircies succes-sives laissant à chacun d’eux plus de nourriture et d’espace. Je puis assurerque celle-ci produit déjà un effet agréable , et je me propose de mettremon fils en état de suivre , après moi , cette expérience intéressante.
(2) Traité de VExploitation des Bois , tome I ? page 414 j et Traitédes Semis et Plantations ? page 3 18.