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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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DES FUTAIES. 5 1

et que Duhamel et moi (i) avons reconnu un gros-sissement encore plus fort lorsque les arbres étaientespacés largement ( 2 ).

A cent ans, on aura une futaie contenant soixante-dix pieds darbres par arpent. Ils seront espacés,moyennement, à la distance de vingt-six pieds unquart, et cest tout ce quun arpent peut en contenir,si lon veut quils acquièrent une belle grosseur .{Voyezla note de la première partie de ce mémoire, pag. i3.)

(i)Jai fait éclaircir cet hiver un taillis , essence de chêne , de lâge detreize ans , situe à trois lieues de la ville de Bourg , et sur un bon fonds.Il contient cent quatre-vingt coupées , ou environ vingt-trois arpans. On acoupe à. peu près moitié des brins* Cette éclaircie , faite avec soin sous ladirection de mon jardinier , ma coûté un peu moins de 600 liv. , et marendu un peu plus de 2400 liv. Le produit net de la seule éclaircie a doncété de 1800 liv. , ou à raison de 6 liv. de production annuelle par arpent.Or , la coupe entière de larpent de Duhamel nest évaluée que 6 livresannuellement , puisque 120 , divisé par 20 , égale 6. Jai laissé sub-sister , comme on peut croire , les plus gros brins et les plus élevés ;mais , parmi ceux qui étaient abattus , jen ai mesure qui portaientvingt à vingt-deux pieds délévation.

Le I er . Mai 1791 , mon jardinier a numéroté dans ce bois , et me-suré avec un compas courbe , à la hauteur de trois pieds ? seize chênes ,cinq trembles , quatre aunes , trois bouleaux , un orme et un merisier ?en tout trente brins.

Des seize chênes , six ont e' choisis parmi les plus gros , leur diamètreexcédait soixante lignes ; cinq parmi les moyens , leur diamètre était decinquante à cinquante-cinq lignes ; et cinq parmi les petits , dont le dia-mètre était de plus de quarante lignes. Les autres arbres ont été choisisparmi les moyens de leur espèce.

Le grossissement moyen des seize chênes a été de douze lignes sixseizièmes par an.

Celui des aunes , denviron dix lignes. Les trembles avaient grossiannuellement de douze lignes ; les bouleaux > de quatorze lignes sixtreizièmes ; lorme > de dix ligues deux tiers ; et le mevisûr , de dixlignes un treizième.

Il est à remarquer quà chacune des éclaircies suivantes , on laisserasubsister de préférence les plus gros brins ? et quainsi les arbres duntempérament faible , et même les arbres moyens , disparaissant insensi-blement , le bois ne sera plus composé que darbres vigoureux et naturel-lement disposés à une croissance accélérée. Je ne lais aucun doute queleur grossissement moyen naugmente par la suite, les éclaircies succes-sives laissant à chacun deux plus de nourriture et despace. Je puis assurerque celle-ci produit déjà un effet agréable , et je me propose de mettremon fils en état de suivre , après moi , cette expérience intéressante.

(2) Traité de VExploitation des Bois , tome I ? page 414 j et Traitédes Semis et Plantations ? page 3 18.