52 AMÉNAGEMENT
Conviendra-t-il, à cet âge , de couper cette futaie?Avant d’entamer l’examen de cette question , qu’ilsoit permis de faire une remarque.
Presque, tous les officiers attachés aux maîtrises,qui ont écrit sur l’aménagement des forêts , ne cessentde répéter que , sans le balivage , tout est perdu; quela qualité du bois des baliveaux est incomparable-ment supérieure à celle du bois de futaie en massif;qu’il est plus dur , plus fort, et particulièrement re-cherché par les charpentiers de la marine ; qu’aucontraire le bois cru en massif est faible, mou , gras,qu’il se coupe comme de la rave ; à peine , à les en-tendre , serait-il bon pour les membrures d’une me-nuiserie. Ils donnent pour raison de cette différence,qu’à chaque fois que le taillis qui environne les bali-veaux a été abattu , le grand air et les alternativesdu froid et du chaud leur donnent une force quen’acquiert jamais l’arbre qui a cru en massif de fu-taie (i).
D’autre part, les écrivains les plus célèbres quiont observé les bois en physiciens et en naturalistes ,qui ont, à cet égard, multiplié les expériences avecautant de soin que de sagacité , les Kéaumur, lesDuhamel, les Bufïon, s’accordent à dire que les ba-liveaux sont la perte des bois. Qu’on recoure sur-toutà l’ouvrage de Bullon , on y verra le détail des nom-breuses expériences et les raisons invincibles sur les-quelles ce célèbre physicien avait fondé son opi-nion (2).
J’ai déjà remarqué comme une contradiction bien
(l) Nous sommes bien éloignes de prétendre juger la question entreles divers auteurs qui l’ont, discutée , nous rapportons seulement un autrefait qui s’y rattache ; c’est la préférence que i’on donne généralement ,daus les villes de constructions que nous avons visitées , aux arbres crusdans les haies ou sur les bordures des héritages. ( l\ole nouvelle fournisà l'édit . par ï)î. J 1 ’***. )
(1) Histoire naturelle, supplém. wî-4 0 , tome II ; pages n 3 , 124^«28 , i 5 i , etc*