DES FUTAIES. 63
l d’arpens au moins égal à celui des arpens contenusdans la portion qu’il se propose d’exploiter.
Les souches de la forêt abattue seront extirpées auplus tard dans le cours de l’année qui suivra l’abat-tage ; et le terrain , soigneusement clos, sera ou auraété semé , auparavant (i), en glands, laines, châ-taignes, etc. suivant la qualité de la terre; faute dequoi le propriétaire sera privé de la faculté de conti-nuer ses coupes aux années suivantes, et à de plusgrandes peines , s’il y échoit.
La surveillance pour l’exécution de la loi sera ac-cordée aux directoires des départemens et des dis-tricts , sur leur responsabilité , etc.
On conçoit qu’en rédigeant une loi forestière: d’après ces principes, les articles en seraient néces-sairement étendus et modifiés , et qu’au surplus sonexécution rigoureuse rendrait totalement chimériquela crainte que quelques compagnies ne fissent desforêts du royaume l’objet d’un agiotage pernicieux.
A la vérité , la vente en serait moins avantageuseque certains calculateurs intéressés à de gigantesquesexagérations ne l’ont présentée; mais il faut opter,et ne point vendre, ou vendre à ces conditions, sinons’attendre aux plus sinistres spoliations des propriétésparticulières, qu’on entame déjà de toute part , et àce que , dans dix ans , il n’y ait pas un arbre de ser-vice en France .
Tl est tems de mettre un frein à ce fléau destruc-teur. Mais, pendant qu’on délibère , les dévastationsse perpétuent ; l’habitude du' pillage , contractée parune classe d’hommes pour qui ce défit est devenul’unique occupation , leur fait préférer ce gain illi-cite au salaire qui leur était offert dans les ateliersordinaires. Le désordre non réprimé augmente la
(i) On verra , dans le mémoire que je me propose de donner sur let repeuplement des forêts ? qu’un moyen économique et éprouvé de repeu-pler une vieille futaie est d’en semer les clairières trois ou quatre annéesayant celle de l’abattage.