62 AMÉNAGEMENT
et qui corrigerait les défauts qu’on reproche à l’ancienrégime forestier, serait incomparablement plus avan-tageux à la nation que la vente de ses forêts natio-nales.
2°. Que cependant il vaut encore mieux les vendre,pourvu que l’on impose des conditions rigoureuse-ment conservatrices aux acquéreurs , que d’en con-fier la régie partiellement à plusieurs corps adminis-tratifs , dont les membres n’auraient fait aucune étudeforestière, et qui n’auraient ni unité dans les prin-cipes , ni stabilité personnelle.
3 °. Que le pire de tous les partis à prendre et leplus désastreux, serait une vente sans conditionsconservatrices , dont profiterait une tourbe d’agio-teurs régnicoles ou étrangers qui ne fondent le réta-blissement de leur fortune délabrée que sur les cala-mités publiques.
Quelles seraient, demandera-t-on , ces conditionsconservatrices? En voici les bases principales.
Le paiement total du prix de la vente sera acquittédans l’année même où l’acte aura été passé, et nonpar annuités.
Il Sera défendu de défricher aucun des bois natio-naux acquis, sinon en affectant pour remplacementun bois nouvellement semé ou planté équivalent à lapartie défrichée.
L’acquéreur d’un taillis ne pourra couper les bali-veaux qu’en laissant en réserve , dans le même taillisou dans tout autre dont il sera propriétaire , un arpentcroître en futaie par six arpens dont les baliveauxauraient été abattus.
11 ne pourra être coupé annuellement, par l’ac-quéreur d’une futaie , qu’un vingtième au plus , oumême une moindre quantité , des arpens de futaiequi lui auront été vendus.
Avant d’obtenir des directoires la permission d’a-battre, l’acquéreur de la futaie nationale sera tenude présenter, en jeune futaie d’espérance, un nombre