ET DE LA REPRODUCTION DES BOIS. 6j
lui seul au-delà du quatorzième des 655,ooo arpensqui se coupent dans le royaume, puisque, sans comp-ter le charbon, il s’y importe annuellement environ3oo,ooo cordes de bois provenus de la dépouille do47,5oo arpens , à raison de huit cordes par arpent,suivant l’évaluation de Duhamel, et en compensantles fagots qu’un arpent produit par le charbon quenous n’avons pas compté. Nous nous abstiendronségalement de porter en compte l’importation en boiscarrés pour la charpente et la menuiserie, parcequ’ils proviennent en partie des baliveaux de cesmômes arpens qui ont déjà fourni le chauffage.
Si de cette quantité déjà infiniment petite d’untrente-septième d’arpent par tête , on soustrait encorele bois que consument les forges, les usines , lesverreries , toutes les manufactures enfin qui s’ali-mentent avec du bois, à peine restera-t-il un qua-rantième d’arpent pour chaque tête de consomma-teur. .
Telle est notre situation. Puissé-je, en l’exposant,déterminer les consommateurs, quels qu’ils soient,à la plus sévère économie en ce genre! Il n’est pointde luxe aussi désastreux. Qu’un particulier dissipeson patrimoine , le numéraire qu’il dépense mal-à-propos passe en nature en d’autres mains qui sauronten faire un meilleur usage ; mais l’homme qui, pourétaler un faux luxe , consomme en bois au-delà dubesoin , nuit à tous sans grande utilité pour lui-même ; il anéantit la substance qu’il prodigue.
En admettant la nécessité de remettre l’équilibreentre la consommation et la reproduction des bois,il est clair qu’il ne peut s’établir que par la diminu-tion dans la dépense , ou par l’augmentation dans leproduit, ou mieux encore, et pour plus prompterestauration , par le concours de ces deux principesd’économie.
Ainsi aucun des moyens, s’ils sont justes, quitendront à qonsommer moins, à conserver mieux,