ET DE LA REPRODUCTION DES BOIS. 69
trente, quarante, soixante, et jusqu’à quatre-vingtsans. Nous n’osons blâmer ouvertement celte dispo-sition , parce que ce sont en général des personnestrès-éclairées et parfaitement intentionnées qui ontordonné ces divers aménagemens , et parce que, sice n’est pas avoir tout-à-fait atteint la perfection ,c’est du moins avoir fait un grand pas vers le bien ,que d’avoir établi des principes et delà règle, quandmême ces principes ne seraient pas d’une justesserigoureuse.
Cependant nous remarquerons qu’il est entré né-cessairement un peu d’arbitraire dans ces dispositionstrop générales ; car d’après quelle base peut-on as-surer, par exemple, que le bois réglé à vingt-cinq ansait atteint son maximum , et que celui réglé à quatre-vingts ans ne l’ait pas outre-passé ? La connaissancedes differentes natures de terrains , dira-1-on , l’ha-bitude d’observer l’aspect des différens degrés devigueur ou de faiblesse d’un taillis, en ont décidé.Mais celte manière de juger n’est-elle pas sujette àquelque erreur? En voici, je crois, la preuve.
Une vaste forêt , essence de chêne, située sur unexcellent fonds, dont la dépouille approvisionneParis , était réglée à quatre-vingts ans d’âge. Quelqueschaugemens à l'aire dans la distribution des coupes,ayant mis dans le cas de les anticiper sur quelquesparties qui furent coupées à quarante ans , l’arpent enlut poussé par les enchérisseurs presque au mêmeprix qu’ils donnaient de l’arpent de quatre-vingts ans..Interrogés sur cette bizarrerie, ils donnèrent pourraison que le bois de quarante ans était parfaitement:sain , et faisait l’ornement de leurs chantiers , au lieuque le bois de quatre-vingts ans , quoique plus gros,était déjà altéré dans le cœur.
Surpris de la singularité de ce fait, dont il ne m’estpas plus permis de douter que si j’en avais été letémoin , j’ai cherché la cause d’un dépérissementaussi prompt 3 car, encore une fois, lé terrain est