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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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70 BALANCE DE LA CONSOMMATION

représenté comme profond et fertile , le taillis y croîtdans les commencemens avec une extrême activité,et très-certainement un chêne de quatre-vingts ansne saurait être naturellement sur lé retour dans unpareil sol. D’ailleurs, si le grossissement avait con-tinué d’une manière uniforme , le brin , à quatre-vingts ans, aurait du être quatre fois plus gros qu’àquarante, suivant la loi du carré des diamètres} etmalgré un peu d’altération dans le cœur, le prix dela vente s’y serait proportionné.

Je ne fais presqu’aucun doute que cette altération

Ï irécoce et subite ne provienne de l’excès môme dea fertilité du sol. Les brins , tant qu’ils sont jeunes ,y croissent et grossissent également et très-vite : plusâgés, ils se dérobent mutuellement la nourriture;et comme ils sont d’une force semblable , aucund’eux n’est étouffé; ils s’affament donc réciproque-ment, ils languissent et le cœur s’altère, ce qui enest une suite inévitable.

J’ai prié la personne très-instruite qui m’a fait cerécit intéressant, de vouloir bien abattre quelquesbrins de quatre-vingts ans dans les massifs de cette 'forêt, de comparer le diamètre des quarante pre-mières couches près du centre , avec celui des qua-rante années suivantes , et d’examiner près de quel-,ques clairières si les brins n’y auraient pas acquissensiblement plus de grosseur que dans le plein mas-sif, sans que le cœur fut altéré. Si ma conjecture estjuste , si l’épaisseur des couches annuelles diminuesensiblement , après quarante ans, dans les brinscrus en massif; si au contraire leur épaisseur se sou-tient dans les arbres situés près des clairières, ce n’estplus suivant l’âge de quarante, ni suivant l’âge dequatre-vingts ans que celte forêt doit être aménagée,il faut la convertir en futaie au moven des éclairciessuccessives.

Mais , relativement à ces aménagemens par éclair-cies , et au mesurage des brins pour déterminer le

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