70 BALANCE DE LA CONSOMMATION
représenté comme profond et fertile , le taillis y croîtdans les commencemens avec une extrême activité,et très-certainement un chêne de quatre-vingts ansne saurait être naturellement sur lé retour dans unpareil sol. D’ailleurs, si le grossissement avait con-tinué d’une manière uniforme , le brin , à quatre-vingts ans, aurait du être quatre fois plus gros qu’àquarante, suivant la loi du carré des diamètres} etmalgré un peu d’altération dans le cœur, le prix dela vente s’y serait proportionné.
Je ne fais presqu’aucun doute que cette altération
Ï irécoce et subite ne provienne de l’excès môme dea fertilité du sol. Les brins , tant qu’ils sont jeunes ,y croissent et grossissent également et très-vite : plusâgés, ils se dérobent mutuellement la nourriture;et comme ils sont d’une force semblable , aucund’eux n’est étouffé; ils s’affament donc réciproque-ment, ils languissent et le cœur s’altère, ce qui enest une suite inévitable.
J’ai prié la personne très-instruite qui m’a fait cerécit intéressant, de vouloir bien abattre quelquesbrins de quatre-vingts ans dans les massifs de cette 'forêt, de comparer le diamètre des quarante pre-mières couches près du centre , avec celui des qua-rante années suivantes , et d’examiner près de quel-,ques clairières si les brins n’y auraient pas acquissensiblement plus de grosseur que dans le plein mas-sif, sans que le cœur fut altéré. Si ma conjecture estjuste , si l’épaisseur des couches annuelles diminuesensiblement , après quarante ans, dans les brinscrus en massif; si au contraire leur épaisseur se sou-tient dans les arbres situés près des clairières, ce n’estplus suivant l’âge de quarante, ni suivant l’âge dequatre-vingts ans que celte forêt doit être aménagée,il faut la convertir en futaie au moven des éclairciessuccessives.
Mais , relativement à ces aménagemens par éclair-cies , et au mesurage des brins pour déterminer le
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