ET TE I.A REPRODUCTION - DES BOIS. 7 5entretenant, par des éclaircies, la permanence d’ungrossissement aussi avantageux.
On me demandera peut-être ce que j’entends parraisonnablement espacé. C’est ici que la précisiondevient difficile ; cependant on peut encore donnerquelque règle à cet égard.
Duhamel compte neuf cents brins dans un arpentde vingt ans. Ainsi il leur donne environ 54 piedscarrés pour étendre leurs racines , et leur distancemoyenne entre eux est de 7 pieds un tiers. Cette dis-tance ne serait pas suffisante pour des arbres qui au-raient passé vingt ans , et l’on se moquerait, mêmeà Paris , où l’appétit des promptes jouissances faitentasser les arbres, d’un planteur qui n’espaceraitqu’à 7 pieds des arbres de 25 pouces de tour. Cepen-dant dans une forêt les brins doivent en même temsgrossir et s’élever..S’ils ne sont pas un peu gênés, ilsne s’élèvent pas ; s’ils le sont trop, ils s’affament,restent maigres , et le bois est de mauvaise qualité.J1 faut donc 'prendre un milieu entre le trop etle trop peu. C’est ce qui m’a déterminé, lors de lapremière éclaircie, à réduire à quatre cents cin-quante le nombre des brins , qui resteront espacésentre eux moyennement de 10 pieds un tiers depuisvingt jusqu’à quarante ans. De quarante à soixanteans, je leur donne environ 14 pieds de distancemoyenne; de soixante à quatre-vingt, 18 pieds etdemi; de quatre-vingt à cent ans et au-delà , 26 piedsun quart. Voilà ce que j’ai entendu par espacer rai-sonnablement (1).
On peut encore donner pour règle générale que,plus le terrain est fertile , plus les arbres doivent êtreespacés largement. La raison en est sensible : dansun tems donné ( prenons soixante ans pour exemple) ,un arbre qui aura grossi à raison de 12 lignes par an,sera au-delà du double plus fort qu’un arbre qui n’aura
( j ) y oyez le second mémoire , page 49 et suiv.