Buch 
1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
Entstehung
Seite
85
JPEG-Download
 

A UNE CRITIQUE. 85

appartenait aux chartreux de Bourg , et fournissait habituel-lement de très-beaux arbres pour la marine et une grandequantité de merrain. Les coupes par éclaircies sont, défenduespar l’ordonnance de 1669 ; niais ces religieux , à qui , par uneexception particulière à leur ordre, il était permis de ne sepoint toujours conformer à l’ordonnance , ont constammentcoupé leurs futaies par éclaircies. J’ajouterai qu’il est impos-sible , à moins de vouloir tout détruire , d’exploiter autrementles forêts de bois résineux, « oes masses de sapins et de mélèzes,» dont la tige superbe, suivant le rapport du baron de Tshoudi,» s’élève à une hauteur qui étonne , dont les nuages ceignent» la tête , et que l’œil voit à peine se terminer dans le vaguades airs. ( Encyclopédie , i ere . édit., Suppl, art. Mélèze (i).

Il m’est demandé si dans mes éclaircies j’ai supposé ou nonl’arpent garni de baliveaux. Il était clair , ce me semble,

(r) C’est par une méthode qui approche beaucoup de celle que j’ai,indiquée , mais que j’ignorais quand j’ai composé mon mémoire , ques’administrent en Lorraine les quarts de réserve. « Il y est permis d’en» couper le recru à l’âge de trente ou trente-six ans , & la chaige de» conserver tous les anciens arbres , et de laisser un certain nombre de» baliveaux de l’âge des plus beaux et mieux venans , de manière que ,» dans le laps de cent ou cent vingt ans , on fait deux coupes du recru» des quarts de réserve ; on obtient ensuite la coupe de la. totalité ,» lorsque la réserve a acquis l’âge compétent.

» L’usage de Lorraine semble préférable à celui de France : on y fait» profiter deux fois de la coupe du recru , qui serait, perdu en grande par-

» tie. D’ailleurs ces coupes procurent le bien de nettoyer le bois , et

» de donner plus de facilité à la croissance de la futaie ». ( Traité deVadministration des bois de Vordre de JMalte , dépendons de ses grandsprieurés , bailliages et commanderies dans le royaume de France .Paris , Lebrefon , 1747 , 1/1-4°. page l2 ^* )

» Les lois de Malte ont pourvu à la conservation des bois dépendans des» commanderies des Pays-Bas Autrichiens et principauté de Liège , dé-» pendans du grand-prieuré de France .

» Voici les usages d’administration. On fait chaque année , comme eu» France , des coupes réglées des taillis dans les saisons ordinaires : au» lieu de réserver certain nombre de baliveaux dans les coupes , on oblige» les explorateurs de conserver tous les baliveaux et brins essence de» chêne ; en sorte que , par succession de tems , les bois taillis deviens» nent des futaies composées entièrement d’arbres chênes ».

Lorsque ces bois sont essence de bois blanc , « on oblige les exploifa-» teuis de laisser un certain nombre d’étalons les mieux venans de ces» espèces de bois, qui par leur nature ne peuvent croître que pendant environ» vingt-cinq ou trente ans. Ces étalons , qu’on appelle surdgés , sont»' exploités annuellement et séparément du taillis ou raspe ». ( Ib. p. 176.)

M. de B.pourrait-il expliquer comment un usage invétéré dans le

Brabant et le pays de Liège , serait d’une difficulté approchant de l'im-possibilité dans la Champagne ?