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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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86 RÉPONSE

d’après le calcul du nombre des brins à réserver et de leurdistance moyenne , que j’avais supposé l’arpent sans bali-veaux. Mais si l’on veut absolument qu’il en soit garni , il estégalement clair qu’alors la quantité des brins à réserver dimi-nuera proportionnellement à l’espace occupé par les baliveaux.

Les vingt-trois arpens dont j’ai fait mention ne sont pointbordés par une grande route ; ils ne le sont , de deux côtés ,que par un chemin de desserte large de quinze à dix-huitpieds , sur lequel je n’ai point fait déposer la dépouille deVéclaircie. Mais où la placer , cette dépouille , me dit-on ,lorsque le bois aura atteint soixante-quinze à quatre-vingtsans ? Dans les clairières , qui ne sont que trop abondanteslorsque la forêt a été surchargée de baliveaux , dans les routesdont, les bois d’une certaine étendue sont et doivent être percés,si l’on veut qu’ils prospèrent (i). L’auteur n’a pas fait atten-tion qu’à mesure que les bois vieillissent et grossissent , lenombre des brins à éclaircir diminue , et les intervalles aug-mentent.

L’article le plus important sur lequel nous différons abso-lument d’opinion , M. de B.et moi , concerne les futaies.

Suivant lui , les futaies en masse sont plutôt la destructionque la conservation des bois. Il en conclut la proscription desfutaies eri massifs, et leur substitue ce qu’il nomme des futaiessur taillis , c’est-à-dire les baliveaux.

.l’estime au contraire que le rétablissement des futaies enmassif est le seul moyen de nous sauver de la disette absolueoù nous sommes prêts à tomber relativement au bois de ser-vice pour la marine, pour les bâtimens civils et pour les ou-vrages de fente, qui consomment annuellement une quantitéimmense de gros bois , sur-tout dans les pays de vignoble.

Je crois fermement, d’après le rapport des plus habilesforestiers pratiques que j’ai interrogés, d’après les nombreuseset savantes expériences des Duhamel et Buffon , que lesbaliveaux sont destructeurs des taillis ; et si j’osais parler demes propres observations après avoir cité des autorités aussi

(i) Nul doute que les grandes forêts ne doivent être perce’es de routesallignées. Elles favorisent l’exploitation et l’exportation , elles divisent lescoupes avec plus de justesse ; par elles on évite les charrières tortueusesqui occupent au moins autant d’espace , parce que , dès qu’elles sontdétériorées par les ornières , ou en change. Tout excès est blâmable sansdoute , mais il ne faut pas non plus trop épargner les routes droites dansles forêts. Le terrain qu’elles occupent n’est point perdu pour la végéta-tion des arbres qui y insinuent leurs racinef.

Dans les provinces de l’intérieur il est à propos , autant qu’on le peut }de percer ces routes dans la direction du midi au nord.