RÉPONSE A UNE CRITIQUE.
admet la possibilité de réduire en futaie le tiers des forêtsnationales ; si l’on en règle les coupes à cent vingt ans d'âge ,l’on aura tous les ans la quantité de 8902 arpens à abattre , ouplutôt à arracher , et, à raison de soixante-dix arbres pararpent, 623,140 arbres , dont, sans être suspect d’exagéra-tion , on peut évaluer les tiges moyennement à trente-six piedsde hauteur , et qui donneront 50.474,340 pieds cubes. Ainsile produit de l’aménagement fait par éclaircie serait à l’amé-nagement par baliveaux comme 4 est à 1 ; avec cette différenceen faveur des éclaircies, que non-seulement les arbres réservésseront de pins haute stature et de plus grand service , mais quele même terrain aura produit, à chaque révolution de coupe ,la première exceptée , une quantité de bois pour le chauffageet la petite charpente , très-superieure à la quantité cm’il eneût fourni en suivant la méthode ordinaire. ( Voyez deuxièmemémoire , page 49 et suiv. )
Ge calcul, dira-t-on, 11’est qu’hvpothélique. Je répondsqu’il estimpossibleen ce moment d’établir un calcul qui ne portepoint sur des hypothèses , parce que personne encore ne peutsavoir au juste s’il y a un tiers ou un quart, on plus on moinsde taillis nationaux réductibles en futaies; le tems seul peuten instruire la Conservation centrale au moyen des conserva-teurs provinciaux. Mais, quel que soit le nombre des arpensréductibles en futaies, ce nombre sera nécessairement égal àcelui des arpens sur lesquels peuvent eroilre des baliveauxutiles , et l’aménagement par éclaircies aura toujours et essen-tiellement; sur l’aménagement par baliveaux , l’avantage deproduire dans la proportion de 4 à 1.
La quantité annuelle de cinquante millions de pieds cubesen bois de service suffira-t-elle aujf besoins du royaume ? Jele présume ; cependant, n’ayant, aucunes données assez sures,même pour un calcul par approximation, je n’oserais l’assurer.Mais que nous sommes loin d’atteindre à cet état de prospérité ,quand même il ne serait pas tou t-à fait de niveau avec nos besoins!Que nous reste-t-il aujourd’hui de nos antiques futaies ? Quel-ques légères portions de ce qu’elles étaient autrefois, quelquesquarts de réserve déjà prodigieusement dévastés. Tout est perdusi la surveillance la plus sévère et la mieux protégée n’arrêtecet affreux désordre , et si l’agiotage , qui corrompt tout ,s’immisce dans cette partie d’administration , eu s’aidant de lafatale opinion qu’on cherche à propager , que les futaies sontplutôt la destruction que la conservation des bois.