SUR LFS EFFETS DU PANAGE. 109
niais les chartreux , entièrement libres , ne faisaientline coupe blanche qu’a près avoir long-tems coupépar éclaircies -, après quoi, la portion évidée était re-mise en taillis , soit par le moyen des semis , soit enprofitant de la crue des buissons récépés qui s’élaientinsensiblement établis dans les clairières les moinsfréquentées par le bétail 5 car il est à remarquer que,dans ces buissons , il se rencontre souvent de jeuneschênes qui se développent et s’élancent aussi-tôt qu’ilscessent d’être étouffés.
Lorsque , dans une futaie autrefois jardinée , lesarbres sont clair-semés , et qu’étant sur le retour onse propose de faire une coupe blanche, il n’est pastoujours indispensablement nécessaire , pour repeu-pler l'espace vide, de recourir à un labourage , nimême à un simple semis sans labour. Souvent, etj’en suis certain , il croît dans les clairières , commeje viens de le dire , beaucoup de buissons fourrésd’épines noires et blanches, de coudriers, de gené-vriers , de vernes , de houx , d’églantiers, de ron-ces , etc. Plus ces amas d’arbrisseaux sont nombreuxet touffus , plus il y a de ressource. Ces parties , quin’offrent qu'un coup-d’œil agreste et sauvage , maisqui n’ont point été attaquées par le bétail , sont inté-rieurement garnies de jeunes chênes et antres arbresprovenus de semence, qui prennent incessammentle dessus après le récépage, pourvu toutefois quela bruyère et la fougère ne dominent pas dans le ter-rain. Je possède, dans la paroisse de Saint-Martin,un bouquet de bois , jadis vieille futaie, que monaïeul avait fort éclaircie , et qui aujourd’hui, àl’âgede seize ans , forme le plus beau taillis du canton ,sans que j’aie pris d’autre soin que de l’entourer d’unebonne clôture.
Mais si les clairières, perpétuellement pâturées,n’ont produit que du gazon , il faut nécessairementrecourir au semis , entamer le gazon avec la bêche ouavec la Uoue-j placer, de distance en distance, quelques