IJO QUESTION
glands ou quelques autres graines d’arbres forestiers,retourner le gazon sur la graine , interdire avec soinl’entrée de toute espèce de bétail, et n’abattre lesvieilles écorces que quatre à cinq ans après le semis.De cette sorte on épargnera beaucoup de dépenses :cette expérience m’a réussi.
Je n’ai point encore été à portée de l’exécuter dansde grands espaces , mais on remarquera qu’elle s’ac-corde parfaitement avec la belle théorie de Buffon.
On permet ordinairement l’entrée du gros bétaildans nos taillis , lorsqu’ils ont quatre à cinq ans -, maiss’il s’y trouve des clairières, elles ne s’y repeuplerontjamais , parce qu’il faut près de dix ans à un jeunechêne de semence pour atteindre la hauteur qu’unchêne récépé acquiert en trois ou quatre années , etque ces jeunes plants ne sont point encore à l’abri dela dent du bétail , lorsque l’entrée du taillis lui estpermise : circonstance qui , pour l’observer en pas-sant , n’est pas très-favorable à l’opinion delà grandeutilité des baliveaux pour le repeuplement des taillis,puisqu’il n’est pas besoin de repeuplement dans lesparties fourrées , et que les semences , comme onvoit, se répandent en pure perte sur les clairières.
Le développement sommaire de ces principes gé-néraux m’a paru préalablement nécessaire pour mo-tiver une réponse à la question qui m’est faite.
La forêt de Seillon , qu’à la vérité je n’ai pointentièrement parcourue , m’a paru toute ouverte -, jen’y ai guère apperçu de clôture qu’aulour des taillis.Le bétail des domaines dépendans de la Chartreuse y pâture en liberté , et peut-être est-elle fréquentéepar le bétail des domaines voisins, peut-être mêmecette vaste forêt est-elle grevée de quelques droitsd’usage, je l’ignore: mais la conséquence de ce par-cours ou forcé , ou permis , ou toléré , est que lesjeunes chênes échappés à la voracité des troupeauxde porcs, seraient abroutis tôt ou tard par le grosbétail. Dans cet état des choses, convient-il que