SUR LES EFFETS DU P AN AGE. III
l’administration accepte ou refuse la proposition quilui est faite , et le bénéfice qui lui est offert en 1791pour le panage de cette forêt ? En le refusant, non-seulement elle éprouvera une perte de iàooliv., maiselle privera les adjudicataires du bénéfice légitimequ’ils auraient fait dans le marché d’une denrée quiva tomber en pure perte , tandis que le repeuplementqu’on se serait proposé deviendrait précaire , puis-qu’il court le risque d’être bientôt détruit par la dentdu bétail. Voilà, si je ne me trompe, les raisons dedouter de MM. les administrateurs, et le véritableétat de la question.
Malgré l’appât du prix offert pour la glandée, mal-gré tous les inconvéniens de la vaine-pâture, je per-siste à croire qu’il serait plus dommageable qu’utiled’accepter la proposition faite au district. Le gros bé-tail brise les rejettons, il est vrai, mais il n’arrachepas. Le porc dévore jusqu’aux racines. Le bœuf s’é-loigne des endroits trop fourrés et hérissés d’épines ,et nous avons vu de quelle ressource étaient par la suiteces parties qu’il laissait intactes. 11 n’est aucun lieuimpénétrable à la voracité du porc, il détruira ce quele bœuf eût épargné. Je veux que le panage fasse peudemalen 17915 maissionle permet une fois, on n’aurapas même de prétexte pour le défendre aux années sui-vantes, alors plus d’espoir de repeuplement. Enfin ilest moins fâcheux, ce me semble, de n’avoir à guérirqu’une maladie simple , que d’avoir à combattre à lafoisd eux maladies dont la complication serait mortelle.
On peut cependant obtenir quelque profit de l'abou-dance des glandées d’une forêt, sans qu’il en résulted'inconvéniens : on peut vendre la permission de ras-sembler avec le râteau ou tout autre instrument, etd’enlever des cantons qui seront désignés , la quantitéde glands qu’on jugera à propos, en défendant d’intro-duire aucun troupeau de porcs. Le prix de la vente seramoins avantageux au vendeur , mais ses suites ne se-ront pas nuisibles à la propriété.