SANS CONDITIONS CONSERVATRICES. II7
causes , ce me semble, n’ont pas été, jusqu’ici, plei-nement apperçues.
Par exemple , par là 011 explique pourquoi nousvoyons les pelits propriétaires faire si fréquemmentdes défrichemens et si rarementdes plantations ou dessemis ; il faut trop long-tems les attendre ; et, indé-pendamment de l’incertitude du succès , les avances ,les intérêts de ces avances et les frais de garde sonttrop considérables pour eux.
On voit pourquoi les grands propriétaires conser-vent mieux et défrichent moins. Leurs bois en coupesréglées leur donnent sans embarras un revenu fixeà peu près égal à celui que leur vaudraient les mêmesterrains s’ils étaient défrichés. D’ailleurs, la popula-tion étant moins forte dans les pays couverts de bois,ils auraient peine à trouver des cultivateurs.
On voit encore pourquoi il se trouve si peu degrands propriétaires qui fassent des repeuplemens ,des semis , et sur-tout des éclaircies. Indépendam-ment de l’égoïsme qui n’a fait que trop de progrèsde nos jours , la plupart s’en rapportent à leurs gensd’affaires : ceux-ci, encore plus froids sur la posté-rité de leurs patrons que ne le sont les pères eux-mêmes , préfèrent comme eux l’inaction à une acti-vité qui ne leur serait pas personnellement utile, etle mérite de présenter une grosse somme d’argent, àla défaveur d’apporter un long registre de dépense.
Il n’en était pas de même des maisons religieuses;elles aménageaient mieux leurs bois , les semaient,les repeuplaient, et plusieurs d’entre elles les éclair-cissaient ; elles plaçaient ainsi leurs épargnes. Bâtiret planter étaient les seuls moyens qu’elles eussentd’acquérir ; aussi leurs bois sont-ils les mieux con-servés que nous ayons en France .
La science forestière requiert des connaissancesplus variées , plus compliquées , plus approfondiesqu’on ne l’avait pensé jusqu’ici. Et dans l’état actuelle meilleur aménagement possible de nos bois exige