SECOND MÉMOIRE. 9
sur une seule dimension ; c’est-à-dire, que sa hauteurdemeurant à peu près la même (1) , c’est seulementpar le rapprochement de ses fibres parallèlement àl’axe de l’arbre , que son volume diminue.
Si le dessèchement du bois en grume , ou du boiscarré , s’opère à l’ombre , dans un lieu frais et d’unemanière insensible -, si le grain en est égal, s’il setrouve naturellement beaucoup d’adbérence entre lesfibres ligneuses , la retraite se fait sans fentes, ouavec beaucoup moins de fentes que lorsqu’on hâtebrusquement la dessiccation au grand air , au soleil fou par quelque artifice. En suspendant le dessèche-ment de la glaise pétrie , le sculpteur ou le potierévite qu’elle ne gerce ; mais , sur le bois comme surla glaise, la dessiccation absolue, qu’elle soit prompteou tardive , ne change rien à la retraite ; celle-ci setermine par être constamment la même. Ces véritéssont trop connues pour nous y arrêter davantage.
Duhamel , dans son traité de l’Exploitation desbois, a consacré un chapitre entier au développe-ment et aux preuves de son opinion sur la cause desgerçures , des fentes et des éclats qui endommagentles bois de la meilleure qualité ; car , suivant cetauteur , ce sont les plus forts et les meilleurs boisqui se fendent le plus. ( V oyez Préface de l'Exploitlation des bois , p. xxxix. )
Cette proposition ne serait-elle pas trop générale ?
.(1) Je dis à peu près / car ? quoique je n’aie jamais reconnu que ledessèchement produisit aucune diminution dans la longueur des fibres lon-gitudinales , cependant Duhamel s’est apperçu qu’elles se contractaient.A la vérité , il ne cite qu’une seule expérience ; elle a été faite sur unchevron de charme de 3 pouces d’équarrissage , et de 18 pieds de lon-gueur , au moyen de l’appareil qu’il y avait adapte' , et qui , si je l’aibien conçu , ressemble un peu à la mécanique d’un baromètre à cadran :une seule ligne de diminution dans la longueur du chevron , devait donnerplus de 4 pouces de mouvement à l’aiguille correspondante , ce qui estarrivé $ ainsi cette expérience unique ne prouverait encore qu’une légèrecontraction. D’ailleurs le charme a les fibres longitudinales très-contran-cliées , et son bois se retire excessivement ; il se pourrait encore que lechevron se fût voilé en se desséchant. ( Exploitation des bois , secondepartie } page üi2. )