10 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.'
Elle est vraie sans doute à l’égard du chêne et de sesvariétés ; mais on verra dans ce mémoire que plu-sieurs bois très-bons et très-forts se fendent peu , sur-tout lorsqu’on les compare avec des bois assez faiblesqui se fendent avec excès. L’on ne doit donc pasconclure d’une manière absolue en faveur de la forcedes bois d’après leur très-grande disposition à sefendre, ni, parce qu’ils se fendent peu, préjugerqu’ils sont faibles. Four en citer un exemple , l’if estun bois plein, dur, élastique , nerveux , très-fort,et spécifiquement plus loui’d que le chêne de Pro-vence ; j’en ai plusieurs grumes assez grosses danslesquelles on n’apperçoit pas de gerçures, non plusque dans un parallélipipède de 6 pouces d’équarris-sage que j’ai fait débiter vert, et qui même a faittrès-peu de retraite.Le bois de figuier, au contraire,l'inutile lignum d’Horace, est mou , faible et desplus mauvais qu’on connaisse; de tous les bois quej’ai observés jusqu’ici , il est celui qui se fend da-vantage. Au moins est-il certain que si les chênes deProvence , auxquels Duhamel accorde hautement lapréférence, ne se fendaient pas au point que, deson aveu , la perte en est quelquefois totale (i) , cemérite ajouterait évidemment à leur bonté.
Les recherches et les observations de Duhameln’ont guère porté que sur le chêne, parce que c’estle bois qui s’emploie le plus ordinairement dans lamarine de France , dont il était inspecteur-général ;aussi y a-t-il donné l’attention la plus grande. Laplace qu’il avait l’honneur d’occuper,etl’importancede l’objet, lui en faisaient une loi. C’est dans sonouvrage même qu’il faut lire l’appareil et les résul-tats de ses nombreuses et savantes expériences ; ilparaît que l’on n’a épargné ni tems , ni soins, ni dé-pense , ni les secours de toute espèce pour les amener
Exploitation des bois, page 523.