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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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SECOND MEMOIRE. 29

de là sa dénomination vulgaire de bois de Sainte-Lucie,et peut-être la confusion qu’on en a faite quelquefoisavec le palixandre de Sainte-Lucie , qui , ainsi quele mahaleb , a une légère odeur de violette.

On sait que le mahaleb sert aussi de sujet pour lagreffe du cerisier qu’on veut tenir à basse tige , et qui,par ce moyen , peut donner du fruit sur un sol où lemerisier réussirait difficilement.

Le cèdre rouge , espèce de genevrier de Virginie,dont le bois est incomparablement plus précieux quecelui de mahaleb , et qu’il est très - intéressant demultiplier , croît dans les terres sèches et calcaires ;mais il lui faut de l’ombre dans sa jeunesse ; et sacroissance étant plus lente que celle du mahaleb,celui-ci pourra lui servir de protecteur.

Il en servirait même au chêne , qui peut s’accom-moder d’un terrain sec et calcaire, pourvu qu’il aitun peu de profondeur ; mais la plantule du chêne abesoin d’un peu d’ombre et d’humidité permanente ,pour résister à l’ardeur du soleil, jusqu’à ce que sesbranches soient devenues elles-mêmes assez fortespour s’opposer à la trop prompte dessiccation du ter-rain. L’usage de mélanger différentes sortes de boisblancs et d’arbrisseaux buissonniers dans les semis ourepeuplemens en chêne,s’est introduit depuis quelquetems ; mais, dans ces circonstances, on ne sauraittrop recommander le mahaleb.

Entendons M. de Malesherbes lui-même faire lerécit d’une expérience en ce genre qui lui a parfaite-ment réussi, et dont j’ai eu la satisfaction de voir leplein succès :

« Le terrain dont je vais parler, dit-il, n’est ni'deces terres sèches où rien ne vient, ni une bonne terrepour le bois ; c’est la terre ordinaire de la Beauce ,terre très-bonne pour le blé, parce qu’il y a unecouche de bonne terre végétale, mais médiocre pourle bois, parce quelle n’a pas de fond. Les chênesdont il y a quelques bouquets au milieu de la Beauce ,