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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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3o QUALITES COMPAREES DES BOIS,

et les ormes plantés en avenue y viennent, mais s’élè-vent peu, parce qu’ils trouvent bientôt le tuf, et cequ’on nomme tuf eu Beauce estune matière calcaire.

» J’avais dans ce tei’rain une avenue d’ormes d’unelargeur excessive , et formant la communication dedeux bois ; cette grande largeur était autrefois re-gardée comme une beauté.

» Il était tems d’abattre ces ormes. Je pris, il y aquatre ans, le parti de les faire arracher, de laisserau milieu un espace suffisant pour l’usage de l’allée,et il me resta assez de terrain pour planter , des deuxcôtés, des lisières de bois de cinq rangs chacune. Jedésirais jouir, je les plantai en sainte-lucie ; je vou-lais que mes héritiers y trouvassent leur profit , jeplantai entre chaque sainte-lucie un petit chêne.

» J’ai fait élaguer, après la seconde année, deuxrangs de sainte-lucie , pour me réserver une petiteroute dans une de ces lisières ; sans cela ces arbres,qui jettent beaucoup de branches latérales , ne per-mettraient pas le passage. L’élagage ne coûte rien ,les branches en paient les frais. A présent ces deuxlisières de sainte-lucie forment un bois sous lequelon a déjà de l’ombre, et dont la fleur embaume laplaine à la fin d’Avril et au commencement de Mai.

» Etant allé, pendant l’hiver de 1791, passer quel-ques jours à Malesherbes , les gens du pays, quiavaient pris en gré ce bosquet de sainte-lucie , vin-rent m’annoncer comme une fâcheuse nouvelle qu’ilétait à craindre qu’il ne pérît, parce que le chêne ,prenant de la force, finirait par l’étouffer un jour.C’était là précisément ce que je désirais.

» J’ai observé, ajoute M. de Malesherbes , que lemabaleb ne se trouve presque jamais spontané dansles bois qui sont en très-bon terrain , le chêne ne luipermettant pas d’v croître et s’emparant insensible-ment du terrain , et que l’un des plus grands obstaclesà la plantation des bois de chêne , est qu’il faut leaattendre trop long-tcins avant d’en jouir, et faire,