3o QUALITES COMPAREES DES BOIS,
et les ormes plantés en avenue y viennent, mais s’élè-vent peu, parce qu’ils trouvent bientôt le tuf, et cequ’on nomme tuf eu Beauce estune matière calcaire.
» J’avais dans ce tei’rain une avenue d’ormes d’unelargeur excessive , et formant la communication dedeux bois ; cette grande largeur était autrefois re-gardée comme une beauté.
» Il était tems d’abattre ces ormes. Je pris, il y aquatre ans, le parti de les faire arracher, de laisserau milieu un espace suffisant pour l’usage de l’allée,et il me resta assez de terrain pour planter , des deuxcôtés, des lisières de bois de cinq rangs chacune. Jedésirais jouir, je les plantai en sainte-lucie ; je vou-lais que mes héritiers y trouvassent leur profit , jeplantai entre chaque sainte-lucie un petit chêne.
» J’ai fait élaguer, après la seconde année, deuxrangs de sainte-lucie , pour me réserver une petiteroute dans une de ces lisières ; sans cela ces arbres,qui jettent beaucoup de branches latérales , ne per-mettraient pas le passage. L’élagage ne coûte rien ,les branches en paient les frais. A présent ces deuxlisières de sainte-lucie forment un bois sous lequelon a déjà de l’ombre, et dont la fleur embaume laplaine à la fin d’Avril et au commencement de Mai.
» Etant allé, pendant l’hiver de 1791, passer quel-ques jours à Malesherbes , les gens du pays, quiavaient pris en gré ce bosquet de sainte-lucie , vin-rent m’annoncer comme une fâcheuse nouvelle qu’ilétait à craindre qu’il ne pérît, parce que le chêne ,prenant de la force, finirait par l’étouffer un jour.C’était là précisément ce que je désirais.
» J’ai observé, ajoute M. de Malesherbes , que lemabaleb ne se trouve presque jamais spontané dansles bois qui sont en très-bon terrain , le chêne ne luipermettant pas d’v croître et s’emparant insensible-ment du terrain , et que l’un des plus grands obstaclesà la plantation des bois de chêne , est qu’il faut leaattendre trop long-tcins avant d’en jouir, et faire,