SECOND MÉMOIRE. 4?
venue à l’aide des fréquentes réparations qu’on y aurafaites successivement ; entrez dans l’héritage au moisde Juillet, vous y verrez les moissons dévorées à ladistance de sept, huit et j usqu’à dix toises de la haie,sur-tout s’il s’y remontre quelque vieux chêne qu’onaura étronçonné.
La douve élevée pour opposer plus d’obstacle auxincursions du bétail, porte un autre préjudice ; elleoppose une digue à l’écoulement des eaux ; cepen-dant , tant pour la salubrité du pays que pour la fé-condité du sol, on ne saurait répéter trop souvent auxcultivateurs de Bresse : faites égoutter vos terres ,et dirigez-en l’égout de manière qu’il aille fertiliservos prés.
Ces haies , il est vrai, sé tondent tons les sept ouhuit ans, et fournissent au fermier un peu de fagotset de bourrée ; mais ce faible avantage peut-il êtremis en comparaison avec la perte qu’il éprouve dansses récoltes ? Il me paraît enfin aussi déplacé de faire
f >orter du bois de chauffage à des terres à blé , qu’ile serait de semer du froment dans un jardin.
Tracez au cordeau ( car, ne fût-il question quede clore un champ , la régularité plaît à l’œil ,1a lignedroite est la plus courte, et l’ouvrage s’en fait mieux) ;tracez , dis-je , au cordeau un fossé de sept pieds d’ou-verture ; faites mettre à part la première tranche deterre végétale, peut-être en aui’a-t-on besoin ; creu-sez le fossé à la profondeur de trois pieds mesurés ver-ticalement ; donnez un pied de largeur au fond decuve , les deux paremens du fossé auront juste qua-rante-cinq degrés d’inclinaison. Ne faites pas de douve;mais , à l’exception de ce que j’ai consedlé de mettreen réserve, transportez la terre , quelle qu’elle soit,qui aura été extraite du fossé ; déposez-la par tas surle milieu de l’enclos , ou rehaussez-en les parties tropbasses. Ces tas mûriront pendant l’hiver , et leur mé-lange avec l’ancienne terre végétale, loin d’être nui-sible , l’améliorera.