'42 QUALITES COMPARÉES DES BOIS,
chêne ? il n’y a pas d’apparence ; mais par successionde tems, les vents à l’égard des semences légères,et les oiseaux à l’égard des graines dures, ont produitcette métamorphose. Ces graines ont germé à l’ombrede l’aune et du bouleau , que le chêne a ensuite étouf-fés d’autant plus facilement, que la souche du bou-leau ne résiste pas à plusieurs récépages successifs.
La méthode qu’on suit en Bresse pour faire desclôtures , me semble défectueuse. On ouvre un fosséde quatre à six pieds de gueule au plus. Si le sol estgarni de gazons , on en dispose un premier rang surle bord intérieur du fossé ; on pose ensuite horizon-talement et à plat quelques brins enracinés d’auneou bouleau , surmontés d’un second ou même d’untroisième rang de gazons ; le tout est recouvert avecle reste de la terre extraite du fossé, ce qui forme unedouve d’autant plus élevée et d’autant plus épaisse ,que le fossé a plus de profondeur et d’ouverture.
Au premier aspect et quand le fossé est nouvelle-ment construit, la clôture paraît bonne , et capabled’interdire l’entrée du bétail dans un héritage ; maisvoici les inconvéniens :
Les ouvriers ne donnent point assez de talus à leursfossés, dont la pente est trop rapide. La pente desgazons qui soutiennent la douve, est plus rapide en-core ; à la vérité, ces gazons sont retenus quelquetems par les jeunes branches qui s’élèvent des auneset des bouleaux , lorsque les plants ont été bien choi-sis; mais le gazon périt, et le parement , tant du fosséque de la douve, après une gelée un peu forte, re-prend nécessairement, un peu plutôt , un peu plustard, l’angle de quarante-cinq degrés qu’il eiît fallului donner d’abord. La cuve du fossé se comble , ilse fait des brèches , le bétail les agrandit; et commeon n’est point clos du tout quand on ne l’est qu’àdemi, peu d’années se passent sans qu’il faille recom-mencer.
Supposons maintenant la haie et ancienne , et bien