SECOND MÉMOIRE. 47
l’Amérique septentrionale ait fait à l’Europe , tant ilréunit de qualités précieuses. Ses grappes de fleurs neflattent pas moins la vue que l’odorat. Ses feuilles sontune nourriture excellente pour les vaches r dont ellesaugmentent le lait. L’arbre croît promptement, on lemultiplie avec facilité , il est peu délicat sur le ter-rain. Je ne l’ai point encore essayé dans des terresfortes \ mais j’ai la certitude qu’il prend un assez ra-pide accroissement dans les terres limoneuses, etmême qu’il réussit dans les graviers gras, s’ils sontprofondément défoncés. Le terrain sablonneux estnéanmoins celui qui lui convient davantage.
Son bois m’a paru très-bon, quoique je ne l’aiepas encore soumis à toutes les épreuves auxquellesje le destine , lorsque je pourrai m’en procurer d’unvolume un peu considérable.
Si les qualités du faux acacia en France approchent,même d’un peu loin , de celles qu’on lui reconnaîten Amérique , on ne saurait trop se hâter de l’y mul-tiplier. En Bresse il est encore bien rare.
Dans l’Amérique septentrionale , son bois est aussidurable que solide, aussi incorruptible à l’air quedans l’eau. Les charpentiers de la marine s’en serventmême pour les pièces principales de leurs navires j ilfournit des poteaux, des écnalas , des cercles excel-lents; il porte la fertilité par-tout où l’on en étend laculture , même sur les terres légères et sablonneuses,qui se garnissent de gazons sous son ombre (l).
L’échantillon sur lequel j’ai travaillé provient d’unebranche dont M. Bernard , membre de la sociétéd’émulation , m’a lait le sacrifice , en la séparant dela tige principale d’un bel acacia que lui-même aplanté. La tranche que j’en ai extraite porte près dedix pouces de diamètre et seize couches annuelles. Je
(i) Mémoire de M. Saint-Jean de Crevecœur , imprimé dans le tri-mestre d’hiver , année 1786 , des Mémoires de la Socie'té royale d’Agri-culture de Paris .