48 QUALITÉS COMPARÉES DES ROIS.
ne lais aucun doute que le tronc 11 ’ait grossi dans uneproportion plus forte.
Le bois de l’acacia est ferme , dur, solide et d’unexcellent assemblage, suivant le rapport de mon ébé-niste. Son grain n’est pas très-fin ; il a des pores appa-reils, mais moins ouverts que ceux du chêne et duchâtaignier ; son poli est sec et peu lustré ; il paraîtfort bon pour le tour : sa couleur est d’un jaune ver-dâtre qui brunit au grand air.
Sa tranche, coupée perpendiculairement à l’axe,a quelque chose de singulier. Dans les autres bois,chaque couche annuelle commence par une zonedont la teinte est ordinairement plus foncée. Elle estbrune dans le chêne, rouge et d’un tissu plus serrédans le sapin , le mélèze, etc. Elle est blanchâtre etfort étroite dans l’acacia ; le reste de la couche estplus foncé et parsemé de petites lignes grises, dispo-sées comme un point d’Hongrie. Je n’ai encore ob-servé ce tissu que dans l’acacia et dans l’orme ; maisil est plus apparent dans l’acacia.
On fait à cet arbre le reproche d’être indocile à lataille et de se fendre, par un grand vent, de la cîmeaux racines, si le tronc est terminé par l’enfourche-ment de deux branches latérales semblables en gros-seur , sur-tout si leur direction se rapproche de l’hori-zontale. 11 est facile de concevoir que ce bois étanttrès-lourd , et les deux branches agissant en sens con-traire , cette circonstance doit aideret même produirel’écartement; avec un peu d’industrie on affaibliracelle des branches que l’on voudra. Il suffira de re-trancher, en pleine sève, l’extrémité seulement deses rejettons de l’année, ou de lui enlever une partiede ses feuilles : la branche que l’on désirera qui gros-sisse , profitera de ce retranchement, sans que l’arbresouffre.
Celte disposition à fendre n’annoncerait-elle pasdans l’acacia une qualité qu’on aurait tort de négliger,celle de faire du mcrrain et de la latte, double objet
auquel