SECOND MÉMOIRE. $7
que le diamètre de la tige du poirier est de trois pouc.,et celui de la tige du pommier de deux pouces seule-ment. Les couches annuelles du bourrelet sont moyen-nement épaisses de trois lignes. On apperçoit la réu-nion de la greffe au centre du bourrelet, mais la réu-nion n’occupe pas tout-à-fait un pouce de diamètre.Le bourrelet, en descendant, a enveloppé , sur unelongueur d’environ trois pouces , la tige du pommier,mais les écorces ne se sont point unies. J’ai fait scierlongitudinalement cette monstruosité végétale , et jel’ai envoyée à M. Daubenton.
M. Juge de Saint-Martin , correspondant de la so-ciété royale à Limoges , nous dit , dans le n°. 22 ,qu’il y a vingt ans que l’usage établi dans son cantonse bornait à greffer, à la fin de Mars, quelques arbresfruitiers en fente , le châtaignier en flûte au commen-cement de Mai, et au mois d’Août, en écusson , lessujets qui n’avaient pas réussi à la fente , et qu’ongreffait tout bonnement les espèces communes surles sujets du même genre.
Je crois bonnement que c’est ce qu’on pouvaitfaire de mieux , parce que les espèces le plus uni-versellement répandues sont ordinairement les meil-leures ; parce que les greffes sur les sujets du mêmegenre donnent le plus beau ,1e meilleur fruit et en plusgrande abondance ; parce que les arbres en sont in-comparablement plus robustes et plus vivaces , etparce que , même en agriculture , le plus grand en-nemi du bien , nous ne l’avons que trop éprouvé, estun mieux imaginaire.
Cependant, si l’on met de l’importance à obtenirdes espèces naines en poiriers, je ne crois pas impos-sible d’y parvenir de deux manières : i°. par le moyeudes semis, en coupant en partie le cotylédon ou lesfeuilles séminales quand elles commencent à paraître,et en réservant les pépins qui proviendront de cesarbres ainsi dégénérés , pour les semer, et abâtardirde plus en plus l’espèce parla même méthode j mais