56 QUALITÉS comparées des bois.d’obtenir des poiriers plus nains que ne le sont lespoiriers greffés sur coignassier ; et il y est fait mentionde quelques expériences de MM. Gouffier et Lardet,d’après lesquelles il paraît que les greffes de poiriersur pommier-paradis et sur pommier-doucin ontréussi, et que ces arbres se sont mis assez prompte-ment à fruit. Je n’en doute assurément point ; mais ilest plus douteux que ces fruits y aient acquis leurmaturité , leur grosseur et leur saveur ordinaires.
J’ai cultivé pendant quelques années deux poiriersde crassane qui se trouvèrent greffés sur paradis ,sans que je m’en fusse apperçu en les achetant. Cesdeux arbres ont toujours été languissans. Ils se sont,à la vérité, mis à fruit de bonne heure ; mais lesfruits n’atteignaient jamais le tiers de la grosseur d’unecrassane ordinaire. Leur peau était presque toujoursfendue et crevassée. Leur maturité a devancé cons-tamment celle des autres crassanes ; mais le goût n’enapprochait pas. L’un des deux arbres périt d’élisieaprès avoir produit du fruit pendant deux ou trois ans.J’arrachai l’autre pour employer plus utilement leterrain, et c’est en l’arrachant que j’apperçus qu’ilétait sur paradis.
J’ai eu aussi un poirier en espalier et à mi-tige,greffé par équivoque ou sur pommier franc ou surdoucin; il était de l’espèce qu’on nomme poire d’épar-gne. L’arbre chargeait beaucoup ; mais ses fruits,guère plus gros qu’une poire de rousselet, étaientd’assez mauvais goût. Quoique l’arbre fût à mi-tige,la greffe se trouvait à environ trois pouces au-dessusde la terre. Il s’y est formé un très-gros bourreletportant neuf pouces un quart de diamètre en sa lar-geur , et six pouces et demi en sa hauteur ; tandis
la soc. royale d’agric. de Paris , 26 vol. Ceux de Berne ( en /jr parties ou22 volumes 8°., souvent cites par l’auteur , ne se trouvent plus nullepart , et on ne peut même les consulter à la bibliothèque impériale , quin’en possède que des volumes détachés. Les deux premiers de ces ouvragesse vendent chacun 80 francs.