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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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64 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.

]e rend très-précieux, est son élasticité et sa sou-plesse. Je savais qu’en Provence on 1’employait àfaire des rames et des bâtons de chaise à porteurs ;mais ayant été conduit, en 1778, dans une belle forêtde buis appartenant à M. de Montrevel, située à deuxou trois lieues de Mâcon * je fus surpris de trouverqu’un quartier de cette forêt, dont l’aspect sauvagedonne une idée de ces bois antiques où la nature n’ajamais été ni aidée , ni contrainte , était presque en-tièrement en cytise des Alpes.

» I.es gens du pays lui donnent le nom d ’arbois ,dérivé , suivant tou te apparence, d’arc-bois j en effet,encore à présent, on y vient chercher du cytise, etmême d’assez loiu, pour en fabriquer des arcs (1).J’arrivais de la Bourgogne vineuse, où l’on manquede bon bois pour fabriquer des cercles, ce qui mefit naître l’idée qu’un bois de cette espèce pourrait enfournir d’excellens. A mon retour à Malesherbes , jen’eus rien de plus pressé que de faire abattre quel-ques pieds de cytise qui étaient d’âge convenable, etd’en faire cercler un tonneau. J’avais heureusementsous ma main un tonnelier intelligent qui me parutenchanté de la découverte , et me dit qu ’il trouvaitce bois au moins aussi bon pour le cercle que celui duchâtaignier : ce furent ses expressions.

» J’ai fait part de cette observation, d’abord à M.l’abbé Nolin , qui a pris la peine de répéter l’expé-rience ; ensuite à M. Daubenton , à qui j’ai apportépour pièce justificative un baril cerclé de cytise.

(1) Il y avait à Lyon , dans ma jeunesse , un fabricant d’arcs et d®traits , qu’on nommait Chevalier , et qui en faisait un assez gros com-merce. J’ai conservé un arc que j’y ai acheté , il y a plus de quarante-cinq ans ; et nonobstant sa vétusté et le peu d’emploi que j’en ai fait 9l’arme a conservé toute sa force et sa souplesse ; l’arc est de faux ébénier.Le sieur Chevalier ne touchait point à l’aubier en construisant ses arcs : lapartie de l’arme qui se courbe le plus ? lorsque le trait est prêt à partir ,est pl us large qu’aux deux extrémités où la corde est attachée , et en mémoteins plus mince , de sorte que ce qui fait ressort est presque entièrementd’aubier. ( IVole de 1 ) 1 . de Feuille . )

» L’cbénier,