66 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
anciens le regardaient comme le plus grand des arbresforestiers de l’Europe. Pline rapporte que Tibère enfit transporter à Rome une poutre qui, sur deux piedsd’équarrissage par-tout, portait cent vingt pieds delongueur. .Néron l’employa , depuis , à son amphi-théâtre. A quelle prodigieuse hauteur ne devait doncpas s’élever la cime d’un pareil arbre (i) ! Car, jus-qu’à ce qu’ils soient sur le retour, les mélèzes, ainsique les sapins , ne cessent de s’allonger en droite lignepar le dernier bouton qui termine la flèche de l’annéeprécédente ; et il est singulièrement remarquableque le mélèze soit entièrement et depuis long-temscouvert de la verdure la plus brillante et la plus com-plète , avant que s’épanouisse et s’élance ce dernierbouton qui doit fournir la flèche de l’année, et s’éle-ver de cinq à six pieds.
M. de Tschoudi ( supplément de V Encyclopédie')confirme en quelque sorte le récit de Pline . « Dansa> les profondes va lées des hautes Alpes , dit-il, les» mélèzes élèvent leur tige superbe à une hauteur qui» étonne ; il en est dont les nuages ceignent la tête,d et que l’œil voit à peine se terminer dans le vague» des airs ».
La forme du mélèze est naturellement pyramidal®
président de la Tour-d’Aigues , imprime parmi ceux de la société royal®d’agriculture de Paris , trimestre d’hiver 1787. C’est d’après ces auteursque je ferai une description sommaire du mélèze ; car il ne m’a pas été pos-sible encore d’aller examiner ses propriétés dans les Alpes , sa vraie patrie.
(1) Voici le passage de Pline : « Ampiissima arbornm ad hoc ævi existi-t> matur Romæ visa ; quazn ? propter miraculum , Tib# Cæsar in eodem#> ponte naumachiario exposuerat advectam cum reliquâ materie ; dura-b vitque ad Neronis principis ampliilheatrum. Fuit aulem Irabs è lancee longa pedes exx bipedali crassiludine æquali. Quo inteUigebafur vix» credibilis reliqua altitudo , fastigium ad cacumen æslimantibus ».
Le pied romain , suivant MM. Abeille et Tillet . est de onze de nospouces ; ainsi cette poutre portait vingt-deux pouces d’equarrissage ou centdix pouces de circonférence à la hauteur de cent dix pieds. Si ? confor-mément à la remarque de Duhamel , la diminution de la grosseur desarbres doit s’estimer à raison d’un pouce par pied , le mélèze dont pari®Pline portait deux cents vingt pieds de hauteur el dix-huit pieds un tiers defircouftjwucq au dq sa tige.