SECOND MÉMOIRE. 67
comme celle des sapins , du cyprès, etc. Au mois deMai ses jeunes branches se couvrent de cônes , qu’a-lors , et d’un peu loin , à la grosseur, la couleur etla l'orme, on prendrait pour des fraises, et dont lemélange , avec le vert naissant des belles houpes defeuilles dont ces branches sont uniformément gar-nies , produit le plus agréable effet.
Au jugement cîe Miller, cet arbre n’est nullementdélicat sur le terrain : ceux, dit-il, qui, en Angle-terre, ont été plantés dans le plus mauvais sol , à laplus mauvaise exposition , dans un terrain froid etdur , ont le mieux réussi.
Le mélèze redoute bien plus l’excès de la chaleurque l’excès du froid , puisque dans les Alpes on voitencore des mélèzes à des hauteurs déjà trop lroidespour le sapin , et qu’il est le dernier des arbres qu’ony rencontre. Cependant il croît assez bien dans laplaine ; j’en ai deux dans mes jardins de Bourg ; ilssont jeunes encore, mais leur flèche s’élève au moinsde trois pieds tous les ans. Les cônes qu’ils ont pro-duits n’ont pas encore donné de graine féconde.
Je crois que la chaleur des plaines de la Bresse estle dernier degré de chaleur moyenne que les mélèzespuissent supporter; car, pendant les étés brûlans,leurs feuilles jaunissent et se dessèchent à l’expositiondu midi ; et M. le président de la Tour-d’Aigues con-vient qu’il en a gardé un pendant dix ans ( sans douteen basse-Provence ) qui, quoique placé à l’ombre ,n’a jamais fait de pousse nouvelle et a fini par périr.
« Cet arbre est propre à l’architecture navale etcivile ; il résiste à l’action de l’air et de l’eau mieuxque le chêne; on en fait des corps de fontaines , dumerrain ; on le débite en planchettes d’un pied carrépour couvrir les maisons au lieu de tuiles. Le soleilfait sortir la résine des pores du bois; les joints seremplissent, elle se durcit, et par ce moyen les mai-sons sont parfaitement couvertes et impénétrables auvent et à la pluie ». ( Miller.)