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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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SECOND MÉMOIRE. 67

comme celle des sapins , du cyprès, etc. Au mois deMai ses jeunes branches se couvrent de cônes , qu’a-lors , et d’un peu loin , à la grosseur, la couleur etla l'orme, on prendrait pour des fraises, et dont lemélange , avec le vert naissant des belles houpes defeuilles dont ces branches sont uniformément gar-nies , produit le plus agréable effet.

Au jugement cîe Miller, cet arbre n’est nullementdélicat sur le terrain : ceux, dit-il, qui, en Angle-terre, ont été plantés dans le plus mauvais sol , à laplus mauvaise exposition , dans un terrain froid etdur , ont le mieux réussi.

Le mélèze redoute bien plus l’excès de la chaleurque l’excès du froid , puisque dans les Alpes on voitencore des mélèzes à des hauteurs déjà trop lroidespour le sapin , et qu’il est le dernier des arbres qu’ony rencontre. Cependant il croît assez bien dans laplaine ; j’en ai deux dans mes jardins de Bourg ; ilssont jeunes encore, mais leur flèche s’élève au moinsde trois pieds tous les ans. Les cônes qu’ils ont pro-duits n’ont pas encore donné de graine féconde.

Je crois que la chaleur des plaines de la Bresse estle dernier degré de chaleur moyenne que les mélèzespuissent supporter; car, pendant les étés brûlans,leurs feuilles jaunissent et se dessèchent à l’expositiondu midi ; et M. le président de la Tour-d’Aigues con-vient qu’il en a gardé un pendant dix ans ( sans douteen basse-Provence ) qui, quoique placé à l’ombre ,n’a jamais fait de pousse nouvelle et a fini par périr.

« Cet arbre est propre à l’architecture navale etcivile ; il résiste à l’action de l’air et de l’eau mieuxque le chêne; on en fait des corps de fontaines , dumerrain ; on le débite en planchettes d’un pied carrépour couvrir les maisons au lieu de tuiles. Le soleilfait sortir la résine des pores du bois; les joints seremplissent, elle se durcit, et par ce moyen les mai-sons sont parfaitement couvertes et impénétrables auvent et à la pluie ». ( Miller.)