SECOND MÉMOIRE. 8l
agréable au feu ? je ne le crois pas : il m’a paru don-ner une flamme moins vive et des charbons moinsardens. Peut-être me suis-je trop pressé d’en fairel’essai, peut-être n’étail-il pas assez sec ; car il est àremarquer qu’à volume égal le platane contient beau-coup plus d’eau séveuse que le hêtre. Le parallélipi-pède de platane vert, équarri à six pouces, pesait18 livres io onces 7 gros, et le hêtre ne pesait quei5 livres i3 onces. Le platane, en séchant, a perdu6 livres i5 onces , et le hêtre 5 livres 9 onces 3 grosseulement; ce qui fait S livres 6 onces 4 gros de dif-férence par pied cube.
Le platane , qu’il ne faudra employer que très-sec,suivant toute apparence fera de la charmante menui-serie ; car il est ferme et doux , et se coupe bien danstous les sens.
O11 ne peut trop multiplier les plantations de ce belarbre en Presse. Tl 11e craint ni l’humidité , à moinsqu’elle ne soit excessive, ni l’argile , si elle a été dé-foncée et qu’elle soit sablonneuse ; ni le gravier gras.Il aime la fraîcheur , et ne languit que dans les ter-rains brûlans; enfin je l’ai substitué avec avantagedans des parties où le peuplier d’Italie périssait.
Miller a eu tort, ce me semble , d’avoir dit qu’ilquittait sa feuille de très-bonne heure ; il est en sèvejusqu’à la gelée, et pousse encore de nouvelles feuillesquand le tilleul commence de perdre les siennes.
Ceux qui ne craignent pas de mutiler les arbres,peuvent le tailler en éventail , en plafond comme letilleul, même en portique , car j’en ai vu. Mais ceuxqui voudront jouir promptement d’une belle avenueen platanes, doivent les espacer à vingt-cinq pieds aumoins , car il s’élève et grossit promptement.
Deux platanes plantés , il y a vingt-huit ans, prèsde la principale entrée de la chartreuse de Seilion,portaient, à la fin de 1789, l’un cinq pieds sept pouc.,l’autre cinq pieds cinq pouces de tour à deux piedsau-dessus de terre, ou environ vingt-deux pouces