88 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
bois qui n’eût pas atteint son dernier degré de dessic-cation , quand même il paierait au triple la valeur dubois brut.L’ouvrage en serait incomparablement plusdurable , l’on aurait moins souvent recours à l’ou-vrier ; et voilà comme, jusque dans les petits objets,l’intérêt particulier, quelque modique qu’il soit ,l’emporte sur l’intérêt général.
Je ne doute point que le charme ne fut encorepréférable à l’orme pour en fabriquer des moyeux ,pourvu qu’il fût parfaitement sec, parce qu’il est plusferme , et qu’il résisterait davantage au frottement del’essieu ; mais les charrons n’ont garde de l’employerà cet usage, parla raison qu’il est très-difficile à tra-vailler sec , et que , vert, il fait retraite de dix lignessur six pouces.
La retraite de l’orme est beaucoup moins considé-rable. Le parallélipipède de six pouces d’équarrissageque j’avais fait dresser ne s’est point fendu ; la face la
f )lus éloignée de l’axe de l’arbre s’est retirée de quatreignés deux tiers, et les trois autres de trois lignesseulement. La surface située près de l’axe de l’arbres’est relevée en bosse , la face opposée s’est voiléeen creux ; il a perdu un seixième et un soixante-quatrième de son volume.
Cet orme, vert, pesait 82 livres 12 onces ; entière-rement sec, il pèse 5 o livres 10 onces 4 gros par piedcube.
On sait que le meilleur charronnage de France s’exécute dans les chantiers de l’artillerie. Avant étéà portée de consulter ,M. de Montrosat , chevalier deSaint-Louis, lieutenant-colonel d’artillerie, et anciencapitaine d’ouvriers , il a eu la complaisance de ré-pondre aux questions que j’ai pris la liberté de luifaire, et m’a permis d’insérer ici sa réponse. J’ai étébien satisfait d’y reconnaître qu’à beaucoup d’égardsnos opinions étaient semblables.
<( Les bois, m’écrit-il , qu’on emploie exclusive-ment au charronnage de l’artillerie sont l’orme, le