Buch 
1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
Entstehung
Seite
88
JPEG-Download
 

88 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.

bois qui n’eût pas atteint son dernier degré de dessic-cation , quand même il paierait au triple la valeur dubois brut.L’ouvrage en serait incomparablement plusdurable , l’on aurait moins souvent recours à l’ou-vrier ; et voilà comme, jusque dans les petits objets,l’intérêt particulier, quelque modique qu’il soit ,l’emporte sur l’intérêt général.

Je ne doute point que le charme ne fut encorepréférable à l’orme pour en fabriquer des moyeux ,pourvu qu’il fût parfaitement sec, parce qu’il est plusferme , et qu’il résisterait davantage au frottement del’essieu ; mais les charrons n’ont garde de l’employerà cet usage, parla raison qu’il est très-difficile à tra-vailler sec , et que , vert, il fait retraite de dix lignessur six pouces.

La retraite de l’orme est beaucoup moins considé-rable. Le parallélipipède de six pouces d’équarrissageque j’avais fait dresser ne s’est point fendu ; la face la

f )lus éloignée de l’axe de l’arbre s’est retirée de quatreignés deux tiers, et les trois autres de trois lignesseulement. La surface située près de l’axe de l’arbres’est relevée en bosse , la face opposée s’est voiléeen creux ; il a perdu un seixième et un soixante-quatrième de son volume.

Cet orme, vert, pesait 82 livres 12 onces ; entière-rement sec, il pèse 5 o livres 10 onces 4 gros par piedcube.

On sait que le meilleur charronnage de France s’exécute dans les chantiers de l’artillerie. Avant étéà portée de consulter ,M. de Montrosat , chevalier deSaint-Louis, lieutenant-colonel d’artillerie, et anciencapitaine d’ouvriers , il a eu la complaisance de ré-pondre aux questions que j’ai pris la liberté de luifaire, et m’a permis d’insérer ici sa réponse. J’ai étébien satisfait d’y reconnaître qu’à beaucoup d’égardsnos opinions étaient semblables.

<( Les bois, m’écrit-il , qu’on emploie exclusive-ment au charronnage de l’artillerie sont l’orme, le