SECOND MÉMOIRE. ÇI
En Alsace , on généralement il est de médiocre qua-lité , on le supplée par le chêne.
» Les deux causes principales du mauvais charron-nage de Paris proviennent de ce que les bois ne sontpas assez attendus, et de ce que l’ouvrage est malfini ; peu de charrons sont en état d’y satisfaire à lacondition du bois sec , parce qu’il y a de grandesavances à faire et de grands emplacemens à paver.L’ouvrier, pressé par la fréquente répétition des rha-billages et par les abonncmens , interrompt l’ouvrageneuf, et perd la chaîne du fini pour expédier les rem-plaeemcns : de là, le discrédit du charronnage deParis , qui décide les gens aisés à faire venir les trainsde leurs voitures de Flandre et de Bruxelles , où lecharronnage est incomparablement moins lourd etmoins massif qu’à Paris . Ce sont bien les mêmesbois , mais ils sont employés très-secs 5 et la réputa-tion des trains de cette province oblige l’ouvrier àfinir , sous peine de voir ses ateliers déserts.
» Pourquoi le charronnage de l’artillerie appro-che-t-il autant de la perfection? La raison en estsimple 5 les matières premières sont les meilleures ,et la main-d’œuvre est singulièrement suivie.
» L.es gabaris des ateliers sont dessinés avec la pré-cision géométrique, et le travail de la semaine estsubordonné à l’inspection d’un chef de chaque mé-tier. Ajoutez que l’ouvrage entrepris est rarementinterrompu. I.es bois qui ont le moindre défaut ou unnœud mal placé, sont au rebut, et on les emploie ri-goureusement dans le sens le [dus utile.
» Le samedi , se l'ait la grande vérification par lesofficiers des compagnies d’ouvriers. Les modèles, lesétalons, les calibres, tout est en mouvement, et lemoindre défaut est sur le compte de l’ouvrier , obligéde recommencer et de mieux faire à ses frais.
» L.es conditions du fini dans le charronnage tien-nent à des préparations prises de loin : par exemple ,pour les roues , qui sont la partie principale du