92 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
charronnage , on ne se contente pas, dans l’artillerie,des pratiques recherchées pour un enrayage solide ;on laisse les hérissons ( c’est ainsi qu’on appelle lesmoyeux armés de rais), on les laisse, dis-je , reposersix mois et plus dans les hangars avant de les chaus-ser ; alors les rais et les moyeux se sont parfaitementincorporés; et comme les jantes sont sèches et dumeilleur bois , on obtient de très-bonnes roues (i).
» Le charronnage est sans contredit un des artsdes plus étendus, tant pour la connaissance exactedes bois qui y sont propres, que pour les détails etles préparatifs de la bonne façon et du fini ; mais ilfaut observer qu’il y a , dans les ateliers de l’artille-rie , ce qui ne se trouve que là , c’est-à-dire , tous lesmoyens de bien faire, et la surveillance la plus ri-goureuse ».
L’orme est facile à élever, puisqu’il se multiplie desemences , de boutures, de marcottes et de rejettonsque ses racines poussent eu abondance.
Sa graine est mûre et tombe dans le mois de Mai.Il faut la semer sur-le-champ ; elle produit natu-rellement , dans nos pépinières, des variétés et desarbres d’un tempérament divers , dont on a fait, de-puis , des espèces jardinières que la greffe a perpé-tuées.
L’arbre le plus agreste perd à la longue une partiede ses qualités sauvages ; il se modifie , et acquiert,par la domesticité , des qualités que nous avons eul’art d’approprier à nos besoins. L’orme étant des plusanciennement civilisés , il en est résulté des racesnouvelles ; mais le père commun de toutes ces racesme paraît être indubitablement l’orme champêtre ,uhnus campestris Theophrasti.
(i) Précaution excellente pour parer h l’inconvénient de la retraite ;alors je pardonnerais au charron de conserver l’orme destiné aux moyeuxdans un lieu frais , pourvu que les hérissons passassent plus d’un au avantd’être coiffés de leurs jantes ; mais il y a peu de charrons qui entassent deshérissons dans leurs magasins.