SECOND MÉMOIRE. ç5
l’agriculteur et le pépiniériste s’occupent d’en multi-plier la race par quelque moyen que ce soit, et cesmoyens sont nombreux.
Les ormes ne sont pas , à beaucoup près , aussicommuns dans la Bresse que dans les environs deParis . Cet arbre , nonobstant qu’il soit peu délicat surle terrain , craint néanmoins les terres humides ,froides et argileuses. Il ne croît naturellement quedans un petit nombre des forêts de nos plaines , et laplupart de ceux qu’on y rencontre sont affectés devices intérieurs ; souvent la sève s’extravase , coule àtravers les fentes de l’écorce , et y forme des gout-tières et des chancres.
La Bresse , qui a donné à la France deux célèbresbotanistes , Commerçon et M. Dombey , n’a pas en-core produit pour elle-même de très-habiles agricul-teurs. J’ai en vain cherché dans cette province unorme-tortillard , ou même un orme-teille d’un assezgros volume pour en examiner et en comparer lesqualités avec celles de l’orme champêtre , qui est leseul que nous possédions ou que j’aie observé ail-leurs que dans nos pépinières. J’ai été forcé de prierM. de Malesherbes lui-même de vouloir bien m’enprocurer des solives ; mais il se passera au moinsquatre ans avant que je sois en état d’en rendrecompte.
MALUS SYLVESTRIS, foliis ovatis , serratis
M1LL.
POMMIER SAUVAGE , a feuilles ovales et sciées.
La culture est pour les arbres ce que la domesti-cité est pour les animaux. Le changement de climatet de nourriture, la diversité dans les soins et l’édu-cation ont assoupli le caractère, ont adouci les mœurs,ont modifié et perfectionné les formes des animauxsusceptibles de domesticité, et ont été l’origine des