94 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS,
que eet orme est une véritable espèce (i). Tl a ob-servé de plus que le tortillard est, en général , peuchargé de graine, et môme qu’il y a des années oùelle manque tout-à-fait, taudis que les autres ormesen sont couverts.
» Par là s’explique la raison pour laquelle on trou-vait beaucoup moins de tortillards dans les pépinièresavant qu’on se Tût mis dans l’usage d’en greffer.
» Pour compléter l’expérience, il faudrait voir siceux qui sont venus de cette graine sont constammenttortillards.
» J’en ai environ nue centaine de pieds à Males-lierbes , qui ont trois ou quatre ans. On peut les dis-tinguer des autres par la feuille; mais cette distinctionn’est pas encore suffisante ; car l’orme-teille ou orme-tilleul ( uhnus major Hollandia ,folio latissimo sca-bro , ramos extra se spargens ) a de larges feuillessans être tortillard. Mais , quand l’arbre est grand ,pour peu qu’on ait l’œil observateur , on distingue ai-sément les tortillards par les especes de bosses quientourent leur tige. Ce caractère , à la vérité , estmoins sensible sur de jeunes plants que sur de grandsarbres; mais, quand môme celte petite pépinière neserait pas entièrement composée d’ormes-tortiliards,l’expérience n’en serait moins en faveur de l’opinionque le tortillard forme une espèce, parce que , mal-gré les précautions prises en cueillant la graine, lesautres ormes en répandent si abondamment de tousles côtés , qu’il en est souvent tombé dans le terrainoù celle des tortillards a été semée ».
Que les ormes-tortillards soient une espèce bota-nique , ou seulement une espèce jardinière , il suffitqu'ils produisent du meilleur charronnage, pour que
(i) Je ne sai£ s’il faudrait précisément tirer cette conclusion ; mais il estcertain que la graine de lovliliard que m’a montre le jardinier de Males-hoches , est beaucoup plus pclite et plus arrondie que la graine des autresoimes.