SECOND MÉMOIRE. IO9
chaque face , sans qu’il se soit ouvert aucune fente.Il 11’a perdu qu’un vingt-quatrième et un peu plusdu quatre-vingt-seizième de son volume.
Il pesait, vert , 60 livres 4 onces ; il pèse , sec,44 livres 1 once par pied cube.
En faisant arracher de vieux noyers plantés dans desterres lobourables , j’ai souvent rencontré de grossesracines à trente , quarante , et quelquefois soixantepieds de distance du tronc 5 elles rampaient entredeux terres sans beaucoup s’enfoncer ; de sorte qu’ilétait facile , lorsqu’on tenait l’extrémité d’une racinecoupée , et cju’on la soulevait avec les deux mains ,d’en enlever une longueur de sept à huit pieds, mêmedavantage. Les racines, d’un diamètre presque égal,étaient garnies de très-peu de chevelu , et souvent ilne s’y rencontrait d’enfourchement qu’après qu’ellesavaient parcouru d’assez grands intervalles. Cette dis-position prouve à quel point les noyers nuisent auxterres labourables.
Les racines ( car cet arbre en a d’assez grosses pourêtre utilement employées ) ont des veines onduléeset chatoyantes, qui font un assez bel effet. J’ai étésurpris de leur trouver moins de pesanteur qu’au vraibois : mon échantillon ne pèse qu’à raison de 40 livres11 onces 3 gros par pied cube ; à la vérité , il y aun tiers d’aubier.
On m’a envoyé de Marseille , sous le nom de noyerde Virginie, un parallélipipède de deux poucesd’équarrissage , dont la pesanteur est la plus forteque jusqu’alors j’eusse observé, puisqu’elle s’élèveà 91 livres 5 onces 1 gros par pied cube , et que lebois-de-fer de Cayenne , dont j’ai pareillement unéchantillon arrivé par la même voie , ne pèse qu’àraison de 88 liv. 3 onces 3 gros ; et l’ébène de l’îleMaurice , 86 livres 12 onces 5 gros.
L’échantillon de noyer de Virginie est d’un brunencore plus foncé que celui du bois-de-fer, et il y