IIO QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
paraît quelques gerçures, au lieu que le bois-de-i'er est plein.
« Les noyers de Virginie et de la Louisiane ont leur» bois plus coloré que le notre , dit Duhamel ; il est» quelquefois presque noir, mais ses pores sont fort» larges ». Dans l'échantillon que j’ai reçu de Mar-seille , les pores ne sont pas même apparens ; peut-être cet échantillon a-t-il été mal nommé.
Le noyer noir de Virginie , suivant Miller, s’élèvedans l’Amérique septentrionale à une hauteur sur-prenante ; il fournit le meilleur bois de toutes lesespèces de noyers; ses veines sont plus belles. Tl avu , ajoute-t-il, des échantillons de ce bois jolimentveinés en blanc et noir, qui, étant polis, paraissaient,à quelque distance , comme des veines de marbre.
Il m’a aussi été envoyé de Marseille , sous le nomd’ ébènefemelle , un échantillon qui porte ce derniercaractère , mais les pores n’en sont pas apparens.
j’ai cultivé , il y a plusieurs années , un noyer deVirginie dans un terrain médiocre ; c’était le nuxju-glans Virginiana nigra , fructu oblongo , prof un-dissimè sculpto de Duhamel. Il produisait des noixmédiocrement bonnes à manger, même lorsqu’ellesétaient fraîches ; mais la coquille en est si dure, quel’on ne pouvait la casser qu’à coups de marteau.Comme le terrain où il croissait n’est plus à ma dispo-sition , je ne suis point à portée de juger de sonbois, même par le fragment d’une de ses grossesbranches ; j’ignore même ce que l’arbre est devenu.
11 n’en résulte pas moins qu’on doit s’attacher, enBresse , à cultiver le noyer noir de Virginie, quandmême son bois ne serait ni aussi dur ni aussi lourdque le bois-de-fer , puisque des cultivateurs du méritede Miller et de Duhamel s’accordent à vanter la bellequalité de sou bois, et qu’il est démontré qu’on peutl’acclimater dans nos provinces.
M. Melchior m’a fourni, sous le nom de noyer dela Guadeloupe j l’échantillon d’un bois d’une grande