SECOND MÉMOIRE. III
beauté; il est jaune , ondoyant, chatoyant et satiné:j’en ai vu de beaux meubles. Il pèse 68 livres 8 oncespar pied cube. Malgré le nom qui lui est donné dansJe commerce , je doute que l’arbre soit des Antilles ,
f iarce que, contre l’ordinaire des arbres crus entrees tropiques , les couches annuelles y sont très-dis-tinctes , on apperçoit môme les éruptions transver-sales.
Le noyer d’Europe n’est point un arbre forestier;il veut être isolé, il lui faut beaucoup d’air et d’espace ;on en fait des avenues , rarement des massifs. J’ai es-sayé inutilement de le planter dans des clairières defutaies, suivant la méthode qui m’avait réussi avecd’autres arbres , et que j’ai décrite dans une des notesde mon mémoire sur les forêts.
Le noyer est moins attaquable par les fortes ge-lées que le châtaiguier. Assez dur pour résister à deshivers rigoureux, pourvu toutefois qu’ils soient moinsrudes qu’en 1709 et 1789 , il est excessivement sen-sible aux plus petites gelées du printems. 11 semblese plaire davantage sur les coteaux que dans la plaine,et préférer les terrains calcaires aux terres grasses;ses racines pénètrent dans les fentes des rochers, ellesne pénètrent point l’argile. Il faut donc le bannir desterres labourables peu profondes, il n’y vivrait qu’auxdépens des plantes céréales. On doit moins craindred’en planter dans les terres qui ont du fond; et commele bois et le fruit de cet arbre, dont la croissance estaccélérée , réunissent des qualités précieuses , j’es-time qu’en plaine on ferait très-bien d’en planter lesbermes des grandes routes , et, dans les pays de mon-tagnes , les coteaux au-dessus des vignes , ou les re-vers de ces coteaux à l’exposition du nord ; ses fleurset ses jeunes rejetions y seront moins souvent atta-qués par les gelées du printems.
J’ai vu dans le parc de Malesherbes , au milieud’un grand nombre d’arbres exotiques auxquels j’au-rais été tenté de faire le reproche d’être trop serrés ;