SECOND MÉMOIRE. Il3
compense cet inconvénient en ce qu’il est forestier,et qu’il vient dans des terrains humides , où ne vientpas le noyer d’Europe ; et au surplus, on fait del’huile de sa noix.
» La feuille du juglans nigra a une odeur assezagréable quand on la déchire entre les doigts. Sonbrou n’est pas épais et a une petite odeur de bigarade;mais cette odeur ne dure que deux ou trois jours , etla noix avec le brou ressemble en quelque sorte àune orange. Le brou du juglans cinered est très-épais,très-visqueux, et tache fortement les doigts ; peut-être pourrait-on l’employer en teinture.
» H y a aussi dans l’Amérique anglaise un noyerestimé par son huile. Les Anglais le nomment butter-nut , noix de beurre , parce que cette huile fige faci-lement. Je n’ai pu savoir s’il est du nombre des noyersque nous cultivons : élevons-les tous; et quand ilsseront de grands arbres , nous apprendrons lequeld’entre eux est le butter-nut. Carver, qui a vu beau-coup de butter-nut dans la nouvelle-Angleterre , euconseille la culture à cause de la grande quantitéd’huile qu’il produit ; il pense qu’avec quelque soinon pourrait rendre cette huile excellente.
» Il y a deux noix fort estimées parmi celles qu’onmange en Amérique ; elles croissent dans deux can-tons différens. La plus connue par les Français quiont servi en Amérique pendant la dernière guerre,est celle que les Anglais nomment hiccory. J’ai vuquelques Français la préférer aux noix d’Europe . J’enai mangé ; elle est peut-être meilleure dans sa fraî-cheur , mais , venue en France , elle ne vaut pas lesnôtres. C’est un défaut, selon moi, qu’il faille brisersa coquille avec le marteau. On dit le bois de Yhic-cory très-bon. Cet arbre mérite sans doute d’êtrecultivé. On m’en a souvent envoyé d’Amérique ; ilm’en a levé une grande quantité, presque tous ontpéri. D’autres cultivateurs ont été peut-être plus heu-reux.
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