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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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SECOND MÉMOIRE. Il3

compense cet inconvénient en ce qu’il est forestier,et qu’il vient dans des terrains humides , où ne vientpas le noyer d’Europe ; et au surplus, on fait del’huile de sa noix.

» La feuille du juglans nigra a une odeur assezagréable quand on la déchire entre les doigts. Sonbrou n’est pas épais et a une petite odeur de bigarade;mais cette odeur ne dure que deux ou trois jours , etla noix avec le brou ressemble en quelque sorte àune orange. Le brou du juglans cinered est très-épais,très-visqueux, et tache fortement les doigts ; peut-être pourrait-on l’employer en teinture.

» H y a aussi dans l’Amérique anglaise un noyerestimé par son huile. Les Anglais le nomment butter-nut , noix de beurre , parce que cette huile fige faci-lement. Je n’ai pu savoir s’il est du nombre des noyersque nous cultivons : élevons-les tous; et quand ilsseront de grands arbres , nous apprendrons lequeld’entre eux est le butter-nut. Carver, qui a vu beau-coup de butter-nut dans la nouvelle-Angleterre , euconseille la culture à cause de la grande quantitéd’huile qu’il produit ; il pense qu’avec quelque soinon pourrait rendre cette huile excellente.

» Il y a deux noix fort estimées parmi celles qu’onmange en Amérique ; elles croissent dans deux can-tons différens. La plus connue par les Français quiont servi en Amérique pendant la dernière guerre,est celle que les Anglais nomment hiccory. J’ai vuquelques Français la préférer aux noix d’Europe . J’enai mangé ; elle est peut-être meilleure dans sa fraî-cheur , mais , venue en France , elle ne vaut pas lesnôtres. C’est un défaut, selon moi, qu’il faille brisersa coquille avec le marteau. On dit le bois de Yhic-cory très-bon. Cet arbre mérite sans doute d’êtrecultivé. On m’en a souvent envoyé d’Amérique ; ilm’en a levé une grande quantité, presque tous ontpéri. D’autres cultivateurs ont été peut-être plus heu-reux.

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