15o QUALITÉS COMPARÉES DES ROIS.
D’ailleurs, le pays est plat , et les eaux n’y onthucun écoulement , peut-être parce que les levéesde la Loire ont intercepté leur écoulement naturel.Personne ne peut savoir quel était, avant la cons-truction des levées , l’état de cette Sologne aujour-d’hui si stérile , ce grand ouvrage ayant été fait dansdes teins auxquels l’histoire ne remonte pas. Mais ilest certain qu’à présent l'ctat de la Sologne est déplo-rable; ce n’est plus qu’une vaste plaine couverte debruyères et d’étangs. I/eau stagnante y cause une in-tempérie qui réagit sur les végétaux et sur les ani-maux ; les hommes y sont faibles et languissans ,souvent mal conformés, très-fréquemment malades,et la durée moyenne de la vie y est plus courte quedans les autres provinces.
Il y a peu de bois dans la Sologne , et ils y sontde la plus mauvaise qualité. Cependant c’est en So-logne que M. Boutin a imaginé de semer du pin ma-ritime qui y était inconnu avant lui ; et il y a sibien réussi, qu’aujourd’hui l’exploitation de ces boisest un bon revenu pour M. de Montaudoiu , à’qui ila vendu, sa terre.
M. Boutin avait déjà tiré parti de ses plantations ,en éclaircissant les brins trop rapprochés, dont il afait des échalas, sorte de récolte précoce très-com-mune à Bordeaux , et dont Duhamel fait mention.Mais si M. Boutin n’a pas joui assez long-temsde saterre pour exploiter lui-même ses bois en planches,du moins a-t-il retiré de ses travaux un autre prixdont il jouit avec bien de la satisfaction , celui des’être rendu utile à sa province , à qui son exemple afait connaître un moyen d’employer utilement sesplus mauvais terrains.
M. de Boisgibault a une terre voisine où il a pa-reillement semé un bois de pin, à l’imitation de
les étangs , l’exemple du comté de Norfolk , aujourd’hui l’un des plusfertiles cantons de l’Angleterre, autrefois l’un des plus stériles. ( I\olede M. de Feuille. )