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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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SECOND MÉMOIRE. l5l

M. Boutin. Peut-être, de proche en proche , la So-logne entière se serait boisée en pins , si le malheurarrivé dans l’hiver de 1788 à 1789 n’avait point misobstacle au progrès de cette culture.

Je vais rapporter à présent mon expérience per-sonnelle.

11 y a à Malesherbes un petit bois de pin maritimeplanté par mon père depuis environ cinquante ans ;il en lira les plants de Baville , terre qui était aussidans ma famille. Le bois de Baville, plus considérableque celui de Malesherbes , et où le pin se plaisaitencore davantage , est planté depuis environ quatre-vingts ans.

La veine de sable quartzeux et de grès de Fontai-nebleau et d’Etampes s’étend depuis Fontainebleau jusqu’à Malesherbes , et depuis Etampes jusqu’à Ba-ville. C’est dans ce sable , ainsi que je l’ai dit, quele pin maritime réussit le mieux. On en a semé à Ba-ville sur deux pics dont l’aspect ressemble assez àcelui des montagnes volcaniques. On les voit de fortloin , et, depuis qu’ils sont couverts de pins , ils pro-duisent un effet très-pittoresque.

Dans le vallon de Malesherbes , la bande sablon-neuse n’est qu’à mi-côte. En s’élevant, on rencontreune couche de terre calcaire; en s’élevant encore,on trouve la terre végétale qui s’étend , d’un côté,sur la Beauce , excellent pays à blé , et, de l’autrecôté, sur leGâtinais, pays dont la principale richesseest en vignes et en safran.

La vallée au-dessus de laquelle ma maison est si-tuée , fait voir sensiblement ces differentes couches.Ce n’est que dans celle <le pur sable que mon pèreavait planté des pins maritimes. J’en ai semé dans lapartie supérieure; ils y ont péri , parce que la terreétait calcaire. Instruit par cette expérience , j’en aisemé , depuis, quelques bouquets dans le terrain desable , et ils y réussissaient très-bien avant l’hiver de1788 à 1789.