SECOND MÉMOIRE. ^9
le cours de mon voyage en Suisse , mais auquelj’écrivis pour le consulter et m’éclairer sur un objetaussi intéressant (1).
Je ne doute pas qu’il n’y en ait aussi en France:Duhamel avait eu de la graine d’un pin d’Haguenau qu’on lui avait dit être fort beau. Cette graine lui aproduit un très-bel arbre auquel il a donné le nomde pin d’Haguenau j cependant , quand on l’exa-mine en botaniste , on ne trouve aucune différencespécifique entre ce pin et les vilains pins de Tarare et de Genève . C’est donc uniquement la différencedans la qualité du terrain qui produit cette prodi-gieuse disparité dans les pins qui y croissent.
Nous avons déjà remarqué une semblable dispro-portion parmi les bois de Sainte-Lucie ( voyez cet ar-ticle ) ; on peut en appliquer l’observation aux pinssylvestres.
Ceux que j’ai vus et que toutle monde a vus commemoi , petits et tortus sur la montagne de Tarare etdans la Suisse , sont dans des terres détestables.
On demandera pourquoi il est si rare d’en trouverdans de bonnes terres , où il deviendrait un bel arbrecomme à Haguenau ou dans les petits bouquets deSuisse dont nous avons parlé. Il y a apparence quecela vient de ce que les arbres les plus communsdans les pays de montagne, qui sont sur-tout les
(i) « Sur un sommet du mont Jura nomme Petra felix , dans le cantonde Berne , on voit un bois de pins qui égalent en beauté les plus beaux
sapins , ainsi que par leur hauteur.Au pied du iVIonf-Cénis ? du coté
des eaux pendantes vers le Rhône , on trouve deux forêts de pins de lameme hauteur et de la même beauté. Les pins ont cette môme force sur lessommets des montagnes de l’Alsace. Leur beauté tient beaucoup à la qua-lité du sol ) ce qui est encore prouvé par l’observation de M. le comte dtaSickingen , qui a remarqué dans ses vastes forêts situées en Allemagne yque les pins n’y égalent pas en hauteur les sapins ; qu’au milieu de saforêt , où il y a un fond de tourbe ? une vraie fondrière , lorsqu’il ytombe des graines du pin sylvestre , les arbres qui en proviennent poussentde longues branches horiüWtiUlw ( Dicè* dç M% l’abbé Potier ? t. Y 1 I,pags 685 et suiv. )