SECOND MÉMOIRE. 167
conseille d’en semer sur une petite pièce de terre ,qui suffira pour garnir plusieurs acres , en les trans-plantant au printems quand les plantes auront troison quatre ans an plus; on doit avoir grand soin, enarrachant, de ne point déchirer leurs racines , et defaire des trous assez larges pour que ces racines ysoient à l’aise.
« Beaucoup de gens , ajoute Miller , craignent des’engager daus la dépense de ces plantations ; mais laplus forte est celle de faire des enclos pour en écarterJe "bétail , le surplus est,une bagatelle. J'ai planté, con-tinue-t-il, de ces arbres daus plusieurs acres de terrecouverte de bruyères et de genêts , que j’ai fait cou-per et entasser autour des racines de ces arbres, pourconserver l’humidité de la terre : peu ont manqué.O11 n’a pris aucun soin de nettoyer la terre ensuite,et malgré cela ces pins ont fait assez de progrès dansl’espace de cinq à six années, pour surmonter lesbruyères et les genêts, qu’ils ont détruits totalement».
Miller plante irrégulièrement les jeunes plants àquatre pieds de distance moyenne. Çinq à six ansaprès qu’ils sont plantés , il fait un très-léger élagagedes branches les plus basses pendant le mois de Sep-tembre. On recommence cette opération - de deux ansen deux ans. Lorsque la plantation a environ vingtans , o n éclaircit lès arbres en les laissant à la distancemoyenne de huit pieds.
Duhamel a semé des pins ( de Bordeaux ) avecsuccès , et se contentait de répandre la graine dansles sillons, en la recouvrant de terre à l’épaisseur d’unpouce.
M. l’abbé Rozier conseille, lorsqu’on veut semeren pins une terre couverte d’herbes , de la labourerde manière qu’il y ait la largeur d’un sillon qui resteintacte , et autant de terre en friche que de terre la-bourée , afin de tenir le jeune plant à l’ombre 3 ilrecommande de ne point trop recouvrir la graine etd’en semer avec abondance.