1 68 QUALITÉS COMPARÉES DES BOIS.
Il me reste line observation à faire que je croisimportante pour la pratique. On ne voit jamais oupresque jamais de propriétaires qui consacrent unepartie de leurs terres à une culture dont la récoltene sera faite que dans un siècle. De là l’excessive ra-reté des futaies. Mais il n’en est pas des arbres rési-neux et à piquans , tels que les pins , les sapins , lesépicia , comme des arbres non résineux et à largesfeuilles , tels que les chênes , les hêtres , les châ-taigniers , etc. On peut exploiter ceux-ci en les cou-pant en totalité pour en former ensuite ou de la futaieou du taillis , au lieu que les arbres résineux ne re-poussent jamais de la souche , quelque jeune qu’ellesoit ; mais ils ont la propriété de s’élever très-bien àl’ombre des vieux pieds. C’est donc en jardinant qu’ondoit exploiter les forêts de pins, de sapins, etc., sinonc’est un bois perdu pour toujours. Cependant ces fo-rêts n’en donnent pas moins au propriétaire un revenuéquivalent à celui qu’il peut retirer d’un taillis. Lors-qu’on a semé un bois avec profusion , en très-peud’années on a une récolte à faire ; on coupe le plusgrand nombre'des jeunes plants , dont on peut fairedes échalas. Dans la Suisse on coupe de plus grospieds qu’on emploie à d’autres usages. Les arbres out-ils encore acquis plus de grosseur , à mesure qu’onen abat , il s’en élève d’autres sous l’ombre de ceuxqui restent, et c’est ainsi que la forêt se perpétue.
Quoique cet article soit déjà très-long, je ne croispas devoir le terminer sans parler de deux pins quede grands botanistes , Linné , Haller et Pallas , n’ontpas distingué du pin sylvestre , mais que je crois desespèces différentes : l’un est le laricio ou pin-Iarchede Corse; l’autre est le pin-mugho, pin-crin ou pinsuffis.
Le laricio est beaucoup plus haut et beaucoup plusdroit que les autres pins de la Corse , ce qui l’a tait
comparer auplusieurs pays.
mélèze, nommé larcke ou larix dans