SECOND MÉMOIRE. 169
On ne peut guère douter que le laricio ne soit uneespèce , puisque , dans le pays même où il est indi-gène et où il }' a beaucoup d’autres pins , on lui adonné un nom particulier; cependant, comme la dif-férence spécifique se remarque faiblement à l’aspectde ses pommes et de sa graine, Linné et Haller l’au-ront jugé, de leur cabinet , une simple variété dupin sylvestre ; mais je doute que M. Pallas en eûtporté le même jugement, s’il l’avait trouvé dans sesvoyages.
Il y a huit à dix ans que j’en ai semé de la graine;elle a fort bien levé ; et à présent mon jardinier, quin’est point du tout botaniste , mais qui a l’œil meil-leur et plus exercé que moi, assure qu’il ne se trom-perait pas. Enfin M. Thouin trouve aux jeunes plantsqui sont au jardin du Roi un port qui les distingue desautres et les lui fait regarder comme une espèce.
.le ne sais rien de précis sur le terrain dans lequelil se plaît en son pays natal, sinon qu’il croît sur lesmontagnes où je suis persuadé que la terre a du fond,puisque ces arbres y deviennent fort grands. Ceuxque j’ai depuis sept à huit ans , paraissent se plairedans le sable cristallin et quartzeux mêlé de partiesvégétales.
Avant d’avoir connaissance du récit de M. Pallassur le pin des mâtures, je soupçonnais que ce pouvaitêtre le même arbre que le laricio; il ne me paraissaitpas hors de vraisemblance qu’on trouvât quelquefoissur les hautes montagnes de Corse , le même arbrequ’on tire de quelques forêts de Sologne et de Li-thuanie .
Mais le témoignage de M. Pallas ne permet plusce doute. H nous affirme que ces beaux pins ne sontque des arbres de choix pris dans les forêts de pinssylvestres. En Corse , au contraire , il s’agit d’une es-pèce de pin connue , distinguée , nommée d’un nomparticulier par ies habitans, qui ne le confondent pasavec le pin sylvestre, très-commun dans i’ile, au